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US Open

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Le 14/09/2010 à 04:03 | Mis à jour le 14/09/2010 à 07:32
 

Tennis - US Open (H)

La totale pour Nadal

Rafael Nadal remporte (6-4, 5-7, 6-4, 6-2) son 9e titre du Grand Chelem aux dépens de Novak Djokovic. Il est désormais le 7e joueur à avoir gagné tous les Majeurs.
Rafael Nadal, logiquement aux anges.(REUT)
Rafael Nadal, logiquement aux anges.(REUT)

Il a gagné sur ses qualités physiques à Roland-Garros. Il a gagné sur ses qualités mentales à Wimbledon. Il a gagné sur ses qualités physiques et mentales en Australie. Aujourd'hui, il gagne avec son jeu à l'US Open et terrasse (6-4, 5-7, 6-4, 6-2 en 3h43') un grand Novak Djokovic. Pour conquérir son neuvième titre du Grand Chelem, devenir le septième homme à remporter les quatre titres du Grand Chelem et dépasser Andre Agassi, Ken Rosewall, Ivan Lendl ou Jimmy Connors au nombre de titres majeurs, il a forcé sa nature. Sur une surface très rapide, il faut un grand service. Il a travaillé et changé sa prise de raquette. Sur une surface très rapide, il faut prendre la balle plus tôt. Il a travaillé et agresse en permanence son adversaire. Sur une surface très rapide, il faut une volée et un slice. Il a travaillé et n'hésite plus à venir finir ses points au filet.

Quand Rafael Nadal s'écroule sur le ciment new-yorkais, puis s'agenouille pour célébrer sa première victoire à Flushing Meadows, c'est le symbole du travail et de l'abnégation. L'oncle Toni peut jubiler dans son box. Ils ont fait du bon boulot. A ses qualités naturelles, le Majorquin a ajouté une somme de petits détails dans le jeu et dans sa préparation avec trois semaines de repos en juillet pour arriver frais à l'US Open. Un simple champion se serait "contenté" de rester dans sa filière. Un grand champion fait évoluer son jeu pour entrer dans la légende. Lors de l'US Open, le numéro 1 mondial en donne la preuve par l'exemple. Lors de la finale interrompue 1h48' par la pluie à 6-4, 4-4 (30-30), il allie le mental, le physique et le jeu pour faire plier Novak Djokovic. «Il a les capacités pour devenir le meilleur joueur de tous les temps. Il joue le meilleur tennis que je l'ai vu pratiquer sur dur, constate avec admiration le Serbe, venu juste après sa finale en conférence de presse. Il a considérablement amélioré son service. C'est un joueur très complet.»

Nadal, la force du travail

Novak Djokovic a tout tenté. En vain.

Son service demeure le meilleur exemple de l'évolution de son jeu. Il y a seulement deux ans, qui aurait pu dire que Rafael Nadal servait mieux que Novak Djokovic ? Personne. Ce lundi 13 septembre dans le froid et l'humidité du court Arthur-Ashe, le constat est clair : 8 aces, 67% de premières balles (73% de points gagnés sur sa première), 212 km/h pour son service le plus rapide, 188 km/h en moyenne. L'Espagnol est devenu un excellent serveur. Contre le futur 2e mondial, il varie parfaitement les trajectoires, les vitesses et s'offre des points gratuits à des moments cruciaux, à l'image de ses deux services gagnants et de son ace pour conclure le troisième set à 5-4 (15-30). «J'ai une chance à 15-30 au troisième set et il sert trois services incroyables, raconte Nole qui écarte l'hypothèse de la fatigue. Je pense que c'était une des clés du match aujourd'hui avec bien sûr son jeu de fond de court et sa grande couverture de terrain. Son service était fantastique tout le tournoi.» Et c'est une différence énorme, surtout face à un relanceur de la qualité du Serbe.

Novak Djokovic tente tout. Sur sa ligne, il lance des fusées des deux côtés, multiplie les montées (28 points sur 45 montées), mais Rafael Nadal joue à la PlayStation en vitesse accélérée pour le jeu de jambes. Le futur n°2 mondial réussit à déstabiliser l'Espagnol par intermittence à l'instar de ses onze points d'affilée pour mener 4-1 au deuxième set, de ses vingt balles de break sauvées sur vingt-six ou de son réalisme sur les balles de break (3/4) à l'image de sa balle de deuxième manche, remportée sur un excellent retour. Mais face à un mur, la balle revient toujours plus vite, le Serbe s'use et finit par craquer sur une 24e faute directe en coup droit (47 au total). «Rafa est le meilleur joueur du monde et il mérite ce titre», avoue Nole lors de la remise de trophée avant de subtiliser le chèque du vainqueur en riant. Le constat est banal, mais tellement vrai. Un champion est un être d'exception, Rafael Nadal est un immense champion. A seulement 24 ans. - Sophie DORGAN, à New-York

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