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Un an sépare la Kim Clijsters qui joue alors pour gagner de la Kim Clijsters qui joue aujourd'hui pour ne pas perdre. Ce sont de petits détails qui font une grande différence. La Belge joue avec moins d'insouciance, son bras est moins libéré et ses choix sont moins spontanés. Et ces petites hésitations grossissent souvent les défauts (43 fautes directes) à l'instar d'un coup droit volatile et se traduisent parfois par des mauvais choix aux moments importants à l'image de deux amorties mal exécutées pour perdre son service à 3-3 au premier set et à 3-1 dans la deuxième manche. Pourtant, rien ne peut lui arriver à l'US Open. Qu'elle joue bien ou mal, elle gagne. Et cette année, elle joue mal, mais elle gagne, se qualifie pour la finale contre Vera Zvonareva et enregistre sa 20e victoire d'affilée à Flushing Meadows.
Un an sépare la Venus Williams, défaite (6-0, 0-6, 6-4) par la Flamande en huitième de finale de l'US Open, de la Venus Williams, défaite (4-6, 7-6 [2], 6-4 en 2h23') par la même Belge en demi-finale. Pour l'Américaine, rien n'a changé. Elle joue toujours au yo-yo en alternant trois aces d'affilée à 0-3 dans la deuxième manche ou des montées au filet très percutantes au premier set avec deux doubles fautes consécutives, un smash inratable dix centimètres trop long, deux fautes de revers au tie-break ou une septième double faute à 4-4 (30-30) au troisième set. Sous le regard de sa soeur Serena, la 3e mondiale fait tout, comme souvent. Le pire (50 fautes directes) et le meilleur (27 points gagnants).
Mais les deux joueuses se rejoignent sur un point : ce sont des championnes. L'une, Kim Clijsters, déraille en coup droit au premier set. L'autre, Venus Williams, déraille en revers au deuxième set. Mais chacune sait qu'il faut aussi savoir gagner en jouant mal, en jouant avec le vent, en jouant avec ses émotions et ses frustrations. L'une se relève d'une mauvaise première manche et d'un jeu catastrophique au moment de servir pour le deuxième set à 5-3. L'autre tente de digérer un tie-break apocalyptique en débreakant à 4-3 au troisième set.
Dans ces cas-là , la confiance accumulée lors des matches précédents aide et Kim Clijsters possède l'expérience récente de la finale de Cincinnati, remportée contre Maria Sharapova en sauvant des balles de match. Touchée au genou, Venus Williams n'a plus joué depuis sa défaite en quart de finale de Wimbledon contre Tsvetana Pironkova. Au troisième set, ce surplus de confiance fait la différence. La Belge répond à une énorme douche froide à 4-3 (30-0) avec la perte de son service sur deux doubles fautes et une volée dans les bâches par un nouveau break sur un lob gagnant en revers à 4-4 et une conclusion limpide. Atteinte physiquement, Venus Williams peut ranger sa septième robe, dessinée pour le tournoi, elle est désormais maudite. - Sophie DORGAN, à New-York