Ce n'est pas la plus impressionnante. Ce n'est pas la plus puissante. Ce n'est pas la plus complète. Mais Caroline Wozniacki gagne. Les détracteurs assènent qu'elle n'a pas de point fort. Les fans répondent qu'elle n'a pas de point faible. La vérité se trouve dans ses résultats. La Danoise enregistre sa 13e victoire d'affilée et bat à la régulière (6-3, 6-4 en 1h53') Maria Sharapova en huitièmes de finale, sur un court Arthur-Ashe, encore venté. En quatre matches, elle n'a pas perdu un set et n'a concédé que dix jeux. Ce n'est plus un hasard... La finaliste de l'an dernier progresse encore et toujours : «Je pense que j'ai beaucoup progressé par rapport à l'an dernier, pas seulement physiquement. Je crois plus en moi et en ce que je peux faire. Je peux aussi varier un peu plus mon jeu. »
Contre la Russe, la numéro 2 mondiale démontre ses progrès au service et son impeccable constance (16 poinst gagnants et 10 fautes directes). Avec une seconde balle de service plus solide, elle se met à l'abri des retours fulgurants de l'ancienne numéro 1 mondiale. Avec une confiance à son acmé, elle trouve toutes les réponses pour contrer la puissance adverse. Maria Sharapova fait tout : les points (32) et surtout les fautes (36 fautes non provoquées et 28 provoquées). Avec sa longueur de balles et sa couverture de terrain, Caroline Wozniacki lui donne toujours le coup de trop à jouer et la Russe ne se gêne pas. « J'ai besoin d'être plus constante, d'éviter les hauts et les bas, surtout contre une telle adversaire, analyse la 17e mondiale. Elle ramène beaucoup de balles et elle a très bien servi. Elle a vraiment bien utilisé le vent, notamment quand elle jouait contre le vent.»
La plus jeune joue juste. La plus âgée force à l'image de son coup droit en déliquescence. En délicatesse avec son service (9 doubles fautes), elle est sous pression en permanence et la Danoise montre encore toute sa maturité. Quand Maria Sharapova revient à 4-3 après avoir sauvé des balles de 5-1, Caroline Wozniacki ne panique pas. Elle gère et breake sur un jeu blanc. Quand Maria Sharapova arrête son épidémie de doubles fautes au deuxième set et réduit son pourcentage de fautes, Caroline Wozniacki tient et attend son heure.
Sur une neuvième double faute, elle breake à 3-3 et conclut avec un jeu plein d'autorité sur deux points gagnants. Entre deux championnes, la confiance fait pencher la balance et Maria Sharapova n'a pas retrouvé son instinct de « tueuse » à l'instar de ses occasions manquées (1/9 balles de break converties). « J'ai beaucoup d'occasions. Convertir une balle de break sur neuf, c'est mauvais. Encore plus quand vous avez des opportunités sur ses secondes services et que vous commettez des erreurs faciles, rappelle la lauréate du tournoi en 2006. C'est peut-être un petit manque de concentration. » Et la prochaine adversaire de la n°2 mondiale, Dominika Cibulkova, peut déjà s'inquiéter. Le jeu en cadence, Caroline Wozniacki adore. Le défi physique, Caroline Wozniacki adore. La tête de série n°1 n'a pas usurpé sa casaque. - Sophie DORGAN, à New-York