«Richard Gasquet, comment analysez-vous votre match ?
C'est un match où j'étais favori. Je suis content de m'en être sorti car il y avait du vent et c'est un gros serveur. J'ai du mal au deuxième set où je m'en sors dans un tie-break. Au troisième set, je me suis fait breaker (Ndlr : à 4-4). C'est bien de m'en être sorti en trois sets, car j'aurais pu faire quatre ou cinq sets. Si on m'avait dit que j'arriverais en deuxième semaine sans perdre un set, j'aurais évidemment signé.
Est-ce que vous savourez davantage d'être en deuxième semaine ?
Je suis très content d'être en deuxième semaine et de remonter au classement. Cela ne s'est pas mal passé dernièrement. Je sens que je joue mieux même si ce n'était pas exceptionnel aujourd'hui. Je pense que je jouais mieux entre Nice et Roland-Garros et que cela aurait pu arriver plus vite si je n'avais pas été blessé. L'année a été difficile, je n'ai pas très bien commencé. J'étais 90e à un moment, c'était difficile.
Vous semblez aimer jouer contre les gros serveurs.
C'est vrai. J'aime bien affronter ce type de joueurs. C'est frustrant, mais c'est un jeu qui me va pas mal. Je préfère les grands serveurs aux joueurs de fond de court qui ne sont pas super talentueux mais qui ne font pas de faute.
«Contre Gaël (Monfils), il n'y a que du plaisir à prendre, je n'ai aucune pression particulière.»
Comment appréhendez-vous votre prochain tour contre Gaël Monfils ?
Il n'y a que du plaisir à prendre et je n'ai aucune pression particulière. Je veux juste essayer de bien jouer et sentir que je fais des coups que je ne faisais pas il y a un ou deux mois. C'est un beau match à jouer, c'est très sympa de se retrouver en huitièmes. Au premier tour, cela aurait été difficile, mais c'est agréable en huitièmes.
Quel est votre premier souvenir de Gaël Monfils ?
Je connais davantage Jo (Tsonga), car on jouait les matches par équipes ensemble. J'ai connu Gaël plus tard, il a eu une progression très rapide entre 17 et 18 ans. J'ai moins de souvenirs de lui jeune. On s'était joué au mini-tennis après une finale des championnats de France et il avait déjà une personnalité assez étonnante. Il avait ses yeux écarquillés et beaucoup d'énergie. Il est spécial (rires). Je m'entends vraiment très bien avec lui depuis très longtemps. C'est quelqu'un de bien. Le tennis est quelque chose d'important, mais les amis priment aussi. Sur le court, il faut tout oublier. Mais dès la poignet de main, il n'y a pas de problème.
Il disait que vous étiez plus fort dans votre tête aujourd'hui avec tout ce qui vous était arrivé. Qu'en pensez-vous ?
Je ne sais pas. C'est très dur. On me l'a souvent dit que j'allais être plus fort dans la tête (il souffle). Cela m'a filé un gros coup et cela ne m'a pas fait tant de bien que ça. C'est dur de trouver du positif avec ça. Mais je suis fort dans la tête de rejouer tout simplement. Je suis content d'être là parce que cela n'a pas été facile de revenir à ce classement.
Ne relativisez-vous pas davantage ?
Oui, c'est clair. C'est pour ça que mon seul souci, dans le match contre Gaël, est de bien jouer et de me faire plaisir. Le seul souci est de me donner à 100%, ne rien lâcher et bien jouer. Je relativise bien plus qu'avant.
Que redoutez-vous le plus chez Gaël Monfils ?
Il a un gros service et il ne fait pas de fautes du fond. Quand il est bien concentré, bien à 100% dans sa tête et qu'il décide de faire un grand match, il fait souvent un grand match. Il est très difficile à jouer. Il défend très bien avec une excellente couverture du terrain, il faut bien choisir sa balle d'attaque. Il ne faut pas partir de trop loin et bien préparer son point. Il va falloir que je serve bien et que je joue bien. Il est un peu favori sur le match, mais je suis capable de faire un grand match.» - Recueilli par Sophie DORGAN, à New-York