Cette fois, c'est vraiment le désert. Le contingent bleu présent à Indian Wells, dont la représentation dans le tableau masculin avait très vite reposé sur les épaules de Jo-Wilfried Tsonga, s'est éteint avant les quarts de finale. Car le Manceau n'a pu entretenir la flamme, mercredi, face à un Robin Söderling incroyable de précision et de maîtrise tactique. Très vite, la rencontre a tourné au cauchemar pour le demi-finaliste de Melbourne. Breaké dès son premier engagement, Tsonga n'a jamais pu combler son retard (3-0) au tableau d'affichage. Son punch a été refroidi par la solidité du Suédois, qui a parfois semblé n'avoir aucune lacune dans son jeu, en coup droit comme en revers, en défense comme en attaque. L'offensive a d'ailleurs été le mot d'ordre de Söderling dans le premier set, voulant que ce huitième de finale suive le scénario de ses précédents affrontements avec Tsonga (victoires en deux sets à Hambourg sur terre en 2008, et Shanghaï sur dur en 2009).
«J'ai fait mon match, j'ai essayé d'être combatif mais il a été meilleur que moi sur presque tous les plans, il n'a rien manqué et il ne m'a pas laissé grand chose. Je sais bien qu'un grain de sable peut le faire dérailler mais là , ces deux breaks l'ont mis dans une position confortable. Si je dois retenir quelque chose, c'est de ne pas rater ces deux ou trois points faciles qui m'échappent» (Tsonga, à l'AFP)
Retranché derrière la ligne, forcé de courir d'un coin à l'autre, le n°1 français n'est pas parvenu à donner une réelle consistance à ses frappes. Pas assez, du moins, pour inverser la direction des échanges. Tsonga ne s'est procuré aucune balle de break, voyant inexorablement la première manche lui filer entre les doigts, Söderling affichant une sérénité devenue plutôt habituelle (6-3). En fait, le finaliste du dernier Roland-Garros n'a connu qu'une seule frayeur : après avoir, encore, pris d'emblée le service adverse dans le deuxième set, puis failli récidiver, Söderling s'est employé pour contrer le sursaut d'orgueil de Tsonga dans le sixième jeu. Il a sauvé deux balles de break et redonné un coup d'accélérateur (4-2). De quoi plomber définitivement le moral du Français, dont le dernier cheval de bataille a alors été de forcer Söderling à servir pour gagner le match. Une manière de retarder l'échéance. Seulement de quelques instants. - J. Te.