« L'objectif, c'est de gagner des dossards pour partir de mieux en mieux. On croit souvent que je suis plus géantiste, mais c'est que mes résultats sont meilleurs en géant pour l'instant, c'est tout. J'ai percé un peu plus vite mais en slalom ça viendra. Dans les deux, je me fais autant plaisir. Bon, les résultats, ça aide à se faire plaisir... L'an dernier, en slalom, j'étais déjà capable d'aller vite mais pas aussi souvent. J'ai besoin de confiance, ça c'est important dans cette discipline. A Flachau (le 21 décembre), je ne me qualifie pas (34e) mais j'avais une gastro, c'est sûrement ce qui fait que je fais une grosse faute dès le départ. Zagreb, j'aime bien mais courir en nocturne, moi, ce n'est pas mon truc.
Pour être avec les meilleurs toute une saison, je dois encore travailler, prendre de l'expérience, connaître les pistes. Cela dit, je ne suis pas persuadé qu'il faille beaucoup d'expérience sur une piste pour aller vite dessus. J'ai déjà fait de bonnes courses sur des pistes que je découvrais ! Mais quand tu es jeune et que tu arrives sur le circuit de Coupe du monde, les meilleurs ont déjà parcouru les pistes au moins deux ou trois fois. Ted Ligety (champion du monde et leader du général), lui, est capable de gagner partout, sur toutes les neiges, tous les tracés. Par exemple, à Alta Badia (abandon, 2e manche), le tracé d'Ante Kostelic (le père de Janica et Ivica), je n'avais jamais vu un truc pareil, aussi long et tournant ! Ca viendra aussi, c'est pas sorcier. Et être en tête en première manche, il faut savoir gérer, ce n'est pas forcément facile. La pression, ça s'apprend.
Mon super-G d'Hinterstoder (son premier en Coupe du monde, 6e), j'étais un peu surpris. Je savais que j'avais fait une belle course mais 6e... Je pensais être 15e à peu près ! C'a été un déclic. Je pense que je peux le refaire. Il faut dire que c'était le parcours parfait pour moi. C'était dur, ça tournait, pas besoin de grosses qualités de glisseur. Mais je ne m'entraîne pas beaucoup en vitesse. La dernière fois c'était à Ushuaia cet été, j'ai fait quatre séances de super-G. Je trouve ça génial, j'aime la sensation de vitesse. Mais à Hinterstoder, à la fin, je ne pensais qu'à une chose : rester en schuss et maintenir ma ligne, je n'en pouvais plus. Même les descendeurs trouvaient ça dur. Je veux atteindre un bon niveau, genre top 10, top 5 et des podiums, un peu comme faisait Benni (Raich)... Pas forcément dès l'année prochaine mais dans 3 ou 4 ans.
J'aime les sauts. C'est ce qui fait peur mais c'est aussi ce qui donne du plaisir. Ce qui est dur c'est de rester lucide sans faire n'importe quoi malgré la fatigue physique en fin de manche. La descente, ce sera vraiment pour dans cinq ou six ans. Je fais le supercombiné de Wengen (le 13 janvier) mais pas la descente, a priori : c'est 2'30'' de course, le lendemain j'ai le super-combiné et après le slalom, alors... Ce serait superflu. Plus tard, il y a la descente de Sotchi et celle-là, elle ne fait pas marrer. En haut, ce n'est que du mur, du pentu et, à mi-chemin, il y a un énorme saut. Mais quand je dis énorme, c'est vraiment énorme... Pas une descente de Mickey. »

Prudent au moment d'aborder l'étape de Wengen, Alexis Pinturault en repart avec un peu...