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«Mathieu Bozzetto, c'était enfin votre jour !
Non, c'est plutôt l'inverse ! Quand mon coach arrive et me dit : «ils ne dament pas, ils rajoutent des produits chimiques», ça m'a rendu dingue ! Je déteste cette neige-là . Le matin j'étais mort de trouille dans les starts. Des courses comme ça, c'est l'enfer. On se perd dans le tracé. Plus jamais ! Les organisateurs ont eu peur de ne pas réaliser la course dans de bonnes conditions, comme à Salt Lake City, c'est dommage. S'il y a des trous, on est capable de surfer. On aurait pu rouler deux fois plus vite. On a été contrariés. Je suis super content d'avoir décroché une médaille... J'en suis le premier surpris.
Comment vous-êtes vous remobilisé dans ces conditions ?
J'ai des potes, de la famille qui pensent à moi et m'ont boosté à mort. Parce que quand j'arrive là ce matin, je n'ai qu'une envie : prendre mon sac et me barrer. Mais le plus dur pour moi, c'était de les décevoir. Après mon huitième, sur le skidoo en remontant au départ, j'ai pensé à mon fils qui m'a demandé de lui ramener une médaille, j'ai ruisselé en larmes... C'était dur... Aujourd'hui, cette médaille n'est pas pour moi, mais pour tous ceux qui m'ont soutenu... et Karine (Ruby, championne olympique 1998 en géant parallèle, disparue en 2009) qui m'a sûrement donné sa fougue et sa foi.
Que représente cette médaille ?
J'ai entendu trop de gens se vanter et faire les marioles avec leur médaille olympique alors qu'ils avaient derrière eux des carrières minables... et je trouvais ça terrible de ne pas pouvoir le dire. Je ne pouvais pas me le permettre. Les vrais sportifs, ce n'est pas ceux qui gagnent une journée, c'est ceux qui gagnent une année, voire deux, trois.
Comment avez-vous vécu votre finale pour le bronze ?
Au départ, je me suis dit «Mon Dieu, si je refais quatrième, c'est la catastrophe». En première manche, j'ai fait un beau run, je n'ai pris aucun risque et Detekov en a pris et a fait plein de fautes. Pour la deuxième, j'avais les jambes qui flageolaient. C'était terrible. Les chronos sont tombés en panne. Les juges nous ont demandé si on voulait partir sans le bruit (bip de départ). On a dit «OK, on part aux lumières». Comme j'avais une seconde d'avance et que mes coaches ont crié, ils ont sûrement dû l'énerver. Il a tiré un peu fort sur les bras et il s'est pris la porte.
Vous en êtes-vous rendu compte ?
Non. Je l'ai attendu tout au long du parcours. Je me disais «Qu'est-ce qui se passe ? Mais où il est ? Il va revenir comme un boulet !» Parce que ces Russes, c'est comme un morpion au cul d'un phacochère. Ils ne vous lâchent pas tant qu'ils n'ont pas passé la ligne d'arrivée.
Vous reverra-t-on encore en course ?
J'ai encore un petit slalom en Russie (à Moscou, le 6 mars). J'adore tellement cette course. Encore deux ou trois et puis s'en va... Cette journée met un point d'orgue à ma carrière d'une très belle manière. Pour moi, cette médaille c'est de l'or.» - Pascal GLO à Cypress Mountain

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