Au soir de la défaite face aux Etats-Unis (5-3) lors du dernier match de poule, Sidney Crosby avait dit qu'il ne fallait pas s'inquiéter et que l'équipe du Canada allait aller en s'améliorant. En fait, l'équipe du Canada que l'on a vue à l'oeuvre à la Place du hockey n'avait rien à voir avec celle qui avait évolué depuis le début du tournoi. Les Canadiens ont présenté un visage plus conquérant, plus cohérent, plus incisif et ils ont surtout commis moins d'erreurs de placement.
Les Russes font toujours peur à leurs adversaires - à Turin en quarts de finale des JO 2006, ils avaient battu les Canadiens (2-0)-, mais hier la peur avait semble-t-il changé de camp, car après à peine plus de deux minutes de jeu, les Européens avaient déjà un but dans la musette. Comme la veille contre l'Allemagne, le gardien Roberto Luongo, idole locale des Vancouver Canucks, avait été préféré à Martin Brodeur, décevant face aux Suisses et aux Américains. Souvent décisif, Luongo était chaleureusement encouragé par ses supporteurs qui ponctuaient chacun de ses arrêts de bruyants "Luuuuuuu...". Roberto donnait confiance à ses équipiers qui bombardaient le but adverse. Dan Boyle (12'09''), puis Rick Nash (12'55'') et Brenden Morrow (18'18'') faisaient exploser les filets d'Evgeni Nabokov. Entre-temps Dmitri Kalinin avait pourtant réduit l'écart (14'39'').
A la fin du premier tiers-temps, le malaise s'étai dissipé dans l'équipe de Mike Babcock «On a juste pris une route plus longue pour nous mener là où on veut», c'est à dire entrer en finale. L'entraîneur du Canada avait une nouvelle fois modifié ses lignes d'attaque et semblait avoir trouvé une formule intéressante en associant Jarome Iginla et Eric Staal avec le génial Sidney Crosby. Sans mollir le moins du monde, le Canada maintenait la pression et ajoutait trois buts à son compte personnel avec Corey Perry (23'10'' et 29'51'') et Shea Weber (24'07'') alors que les Russes performaient à deux reprises. La dernière période, malgré les efforts de Russes rapides et incisifs, ne changeait rien, le hockey restait bien le "sport du Canada" comme le prônaient plusieurs panneaux dans la patinoire. - Alain Lunzenfichter, à Vancouver

Prudent au moment d'aborder l'étape de Wengen, Alexis Pinturault en repart avec un peu...