Avec Tessa Worley et Taïna Barioz, il est plus facile de jouer au jeu des ressemblances qu'à celui des sept erreurs. « On est dans la même chambre, on est souvent fourrées ensemble, souligne cette dernière. On fait un maximum d'activités toutes les deux. On vit chaque événement à fond et ensemble». Inséparables sur la piste comme à la ville, les deux techniciennes ont tracé leur carrière comme un géant parallèle : issues de la même génération (1988-1989), elles ont toutes les deux progressé dans l'élite mondiale en tirant profit de leur petit format (1,58 m pour Worley qui rend quelques centimètres à son aînée).
Avec leur prénom venu des antipodes, Tessa, de père australien, et Taïna, née à Tahiti, vont découvrir mercredi les Jeux Olympiques avec quelques références. Worley compte déjà deux victoires en Coupe du monde, à Aspen (2008) et Äre (2009) sur une pente souvent comparée à la piste olympique. Barioz a confirmé sa progression en prenant la troisième place à Linz en décembre.
Malgré de belles premières lignes à leur palmarès, il est encore présomptueux de placer Worley et Barioz parmi les favorites du géant. Les deux Françaises pointent toujours au-delà du septième rang mondial et pèchent encore par manque de constance : depuis sa victoire en Suède, Worley n'a pas retrouvé le top 15 alors que Barioz a plafonné en janvier à la 20e place. «J'avais hâte d'arriver aux JO, reconnaît Barioz. Mon mois de janvier n'était pas concluant. Lors du stage de préparation, j'ai essayé de calmer mon ski, de le poser. C'est difficile car il faut canaliser cette énergie tout en restant d'attaque. ».
Tessa Worley ose avancer des objectifs assez courageux : « Il faut prendre tous les risques. La quatrième, la cinquième place, on ne s'en souvient pas à la fin. » Face à elles, les formats poche de l'équipe de France trouvent des concurrentes à leur hauteur, à l'image de la championne du monde Kathrin Hoelzl ou de la leader de la Coupe du monde Kathrin Zettel. Comme Tina Maze, médaillée d'argent en super-G, toutes ces favorites ont l'avantage d'avoir déjà pratiqué la piste aux JO. Vainqueur de la descente, Lindsey Vonn pourra se prévaloir de cet atout mais l'Américaine n'est jamais montée sur un podium de la discipline en Coupe du monde. Trop grande pour le géant, pourraient répondre les petites Frenchies. - A. T.-C., à Whistler
Les principales engagées : Kathrin Hoezl (ALL/n°1), Viktoria Rebensburg (ALL/n°2), Tanja Poutiainen (FIN/n°3), Kathrin Zettel (AUT/n°4), Manuela Moelgg (ITA/n°5), Maria Pietilae-Holmner (SUE/n°6), Tina Maze (SLO/n°7), Elisabeth Goergl (AUT/n°16), Lindsey Vonn (USA/n°17), Julia Mancuso (USA/n°18)
Les Françaises : Taïna Barioz (n°8), Tessa Worley (n°13), Olivia Bertrand (n°22), Anémone Marmottan (n°26)

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