Quand Marie Dorin s'écroule sur la piste à la fin de son relais, elle plie sous le poids de la fatigue et de l'accablement. Partie en première position, neuvième après un tir désastreux puis finalement troisième au passage de témoin, elle vient de traverser des montagnes russes d'émotions. Quinze minutes plus tard, quand Marie Dorin s'écroule dans les bras de Sandrine Bailly, elle pleure de chaudes larmes qui charrient joie et soulagement. «Je pensais que j'avais foutu le relais en l'air», souffle-t-elle. En trois boucles de folie sur les skis, Sandrine Bailly a transformé une précaire troisième place en réjouissante médaille d'argent. «Je suis bien dans ce relais, en rit la dernière relayeuse. J'ai l'impression d'avoir un rôle. Je suis bien avec les filles.» Jamais aussi forte qu'en poursuite pour une médaille, ''Sansan'' a pris ses responsabilités, comme aux JO 2006 (bronze), comme aux Mondiaux 2008 (bronze).
Sandrine Bailly a conclu avec brio la folle semaine et la renversante journée du biathlon féminin. Avant cette chasse finale vers la médaille d'argent, Marie-Laure Brunet et Sylvie Becaert avaient mené une première moitié de course parfaite, profitant d'une glisse parfaite sur les skis pour compenser leurs erreurs au tir et passer le relais en première position d'un trio de favorites avec la Russie et l'Allemagne. «Sur les skis, c'était excellent. J'étais même obligée de freiner en descente», en rigole Marie-Laure Brunet, qui accroche une deuxième médaille à son cou. «Dans cette équipe, comme en relais, un jour, c'est une, un jour, c'est l'autre», constate l'entraîneur Lionel Laurent. Et mardi, c'est précisément Marie Dorin, la médaillée insouciante du premier jour, qui a été rattrapée par la pression : en perdant ses moyens face au tir couché (2 tours de pénalité), elle a quitté la lutte pour la médaille d'or pour se joindre à la bagarre pour la troisième marche du podium : «J'ai mis des balles partout. Cela ne m'était jamais arrivé», raconte Dorin.
Partie en troisième position, avec la relayeuse allemande en point de mire (à 21'') mais avec l'Ukrainienne dans son dos, Sandrine Bailly a retrouvé sa sérénité au tir (9/10) et confirmé la formidable glisse française. «Aujourd'hui, on a encore réussi un grand coup», se félicite le groupe technique. Après un dernier passage au tir debout parfait, Bailly a avalé Andrea Henkel pour décrocher la sixième médaille de la semaine pour le biathlon, la neuvième pour la délégation française. «Aujourd'hui, je suis vraiment passée par toutes les émotions, plaisante Marie Dorin qui a facilement séché ses larmes. J'en ai vu de toutes les couleurs : du blanc, du violet... ». Trempée du champagne ouvert par l'encadrement, elle est vite passée à la vie en rose. - A. T.-C., à Whistler

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