Dès le passage de la ligne, il a passé de longues minutes allongé dans la neige, un peu par fatigue, tellement plus par frustration. Cyril Miranda n'a pas fini de ruminer et de repenser à cette chute à mi-parcours de la finale quand ses skis ont buté dans ceux d'un concurrent au passage de relais. Ces quelques secondes à terre ont ruiné les espoirs du duo de sprinteurs français, contraignant Vincent Vittoz, reparti en dernière position, à une débauche d'efforts pour finalement échouer à la septième place. Au relais suivant, après avoir réalisé la boucle la plus rapide de la finale, ''Toz'' n'a pas caché sa colère, jetant ses skis et frappant la neige de ses bâtons.
A quatre secondes du podium sur 15 km, ralenti par un mauvais fartage en poursuite, Vincent Vittoz a néanmoins tenté de cacher sa frustration : «La chute fait partie des pièges à éviter sur cette épreuve, a expliqué le fondeur de 34 ans, toujours à la recherche d'une médaille olympique. C'est un petit peu dur. Je n'en veux pas à Cyril (Miranda). C'est dur pour lui. Il a vu que j'étais bien mais il faut qu'il s'en remette. » Ce nouveau coup du sort ne l'a pas abattu, assure-t-il : «Il faut passer au-dessus. Je suis vraiment remonté avant le relais où on sera outsider. (...) Pour l'instant, je m'accroche. » L'exemple de Petter Northug, loin du podium sur 15 km et en poursuite, pourra lui montrer la voie : le numéro un mondial a offert l'or à la Norvège, après du bronze en sprint individuel, en devançant dans les derniers hectomètres l'Allemand Axel Teichmann et le Russe Alexey Petukhov.
La frustration de Vincent Vittoz fait curieusement écho à la réaction des Françaises au terme de leur finale. Arrivées en tête de la manche de qualification, Karine Philippot-Laurent et Laure Barthélémy ont abandonné leurs espoirs de médaille dès le premier virage : « Dans cette courbe, la Finlandaise me casse le bâton. Je fais quelques mètres avec un seul bras. Ces petites secondes perdues qu'on joue la médaille,c'est beaucoup, regrette la première qui dispute à 34 ans ses quatrièmes JO. J'étais dans un jour extraordinaire mais on n'a pas joué la finale. On s'est battues pour une huitième place. Je suis très frustrée, très en colère.» Une phrase qui a fait écho lundi au parc olympique de Whistler. - Anthony THOMAS-COMMIN, à Whistler

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