Martin Fourcade va vite, très vite. Aussi bien pour doubler ses rivaux sur les skis que pour griller les étapes de progression dans sa carrière. A seulement 21 ans, il décroche sa première médaille olympique au terme d'une course fulgurante qui l'a vu passer par toutes les émotions : seulement 28e après deux erreurs au premier tir couché, le petit frère de Simon a skié comme une flèche sur les 15 km de fond et a ensuite mené une remontée irrésistible. Vingt-troisième après le deuxième passage sur le pas de tir, neuvième au tour suivant, il a quitté le dernier tir couché avec certes un nouveau tour de pénalité mais avec le podium dans la ligne de mire. Cinquième, il a successivement doublé son compatriote Vincent Jay (qui a raté le 20/20 et le podium au dernier tir) avant de fondre sur l'Autrichien Christoph Sumann et le Slovaque Poval Hurajt.
Paradoxalement, sa quatorzième place lors de l'épreuve individuelle a servi de déclic pour ce biathlète qui découvrait les Jeux Olympiques. Seulement 35e du sprint, 34e de la poursuite, Martin Fourcade avait achevé sa troisième course avec une relative satisfaction : «J'ai enfin pu me donner à fond, a-t-il alors déclaré. De nouveaux Jeux commencent.» Dans le sillage de ce gros moteur sur les skis, son grand frère Simon a enfin livré une prestation à la hauteur de son début de saison. Plus fiable au tir (19/20), il s'est hissé à une quatorzième place qui laisse de gros espoirs pour le relais programmé vendredi, surtout que l'équipe de France sera lancée par Vincent Jay, huitième après avoir pointé en deuxième position au troisième tir.
La glisse imparable de Martin Fourcade n'a cependant rien pu faire pour rattraper Evgeny Ustyugov. Après avoir décroché cet hiver son premier podium puis sa première victoire, le Russe de 24 ans a construit son premier titre olympique sur un tir parfait (20/20) et un ski solide. C'est cette fiabilité qui a cruellement fait défaut aux deux favoris norvégiens : Vainqueur de l'individuelle, Emil Hegle Svendsen a craqué au tir debout (3 erreurs) pour échouer à la troisième. Pire, Ole Einar Björndalen n'a jamais quitté la fin du peloton en raison d'une série de défaillances au tir (7 erreurs au total). Il n'est pas sûr que le relais lui offre une voie royale pour enfin décrocher une médaille d'or. - A. T.-C., à Whistler

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