Après la dernière épreuve de vitesse pour les femmes, la zone d'arrivée s'est muée en aire de ''kiss and cry'' comme elle existe au patinage artistique. D'un côté, le clan autrichien s'est enfin permis des embrassades après la victoire d'Andrea Fischbacher. A quelques mètres, l'équipe de France fait la moue autour d'une Marie Marchand-Arvier en pleurs après son abandon. Troisième aux Mondiaux de Val d'Isère l'an dernier, Fischbacher apporte à la traditionnelle Wunderteam de l'alpin son premier titre à Vancouver en exploitant au mieux le parcours tracé par son propre entraîneur. Vice-championne du monde en 2009, ''MMA'' n'a pu éviter l'échec d'une équipe de vitesse où sa 7e place en descente reste la performance de référence. «C'est dur à avaler», a lâché la skieuse des Contamines, les lunettes cachant les yeux rougis et les sanglots.
Sur une pente où les pièges se sont accumulés sur un revêtement toujours aussi bosselé et avec une visibilité variable entre ombre et lumière, Fischbacher, cousine éloignée de Hermann Maier, a livré un passage plein d'engagement, avec une belle justesse dans le choix des trajectoires. En affichant son nom au sommet du classement, l'Autrichienne de 25 ans s'est offert une place sous les projecteurs qui étaient jusque là braqués sur Lindsey Vonn. Titrée en descente, l'Américaine a sans doute cru au doublé en vitesse, comme à Val d'Isère en 2009. Partie en 17e position, elle avait impressionné les spectateurs en proposant le premier passage avec des lignes parfaites et une vitesse constante mais Andrea Fischbacher puis la Slovène Tina Maze l'ont fait redescendre sur la troisième marche du podium : «Après ma médaille d'or, je ne peux pas être déçue», assure-t-elle.
Les Françaises engagées : Ingrid Jacquemod (10e à 1''63), Aurélie Revillet (22e à 3''94), Marie Marchand-Arvier (abandon).
Il a fallu une quinzaine de passages et l'arrivée progressive de la lumière sur l'ensemble de la piste pour que les skieuses prennent la mesure de la piste : pendant une demi-heure, les grosses erreurs de trajectoire (Mancuso 8e), le ski conservateur (Riesch 9e) et les abandons (Brydon, Marchand-Arvier) ont montré la difficulté du parcours et la place disponible pour monter sur le podium. Deuxième Française en lice, Ingrid Jacquemod n'en a pas profité et prend la 10e place finale (à 1''63). «Je me suis fait taper tout le long», a raconté la skieuse de Val d'Isère. Après une descente décevante (23e), Jacquemod résume le sentiment collectif de l'équipe après la première semaine : «Aux JO, il fallait réussir à élever son niveau». - A. T.-C., à Whistler

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