«Marc Lièvremont, comment jugez-vous le niveau du Top 14 en ce début de saison ?
Je fais évidemment la comparaison avec ce que je vois de nos futurs adversaires. En terme de jeu, d'intentions, de dimension physique et de technique individuelle, pour l'instant on est loin du compte même si j'ai vu certains matches intéressants. J'ai bien aimé la fraîcheur de Montpellier, Brive et le Stade Français ponctuellement. Je suis déjà dans une logique de Coupe du Monde et de sélection avec les quelques pépins, notamment la blessure de Fabien Barcella (rupture d'un tendon d'Achille, indisponible pour 6 mois). En craignant qu'il y en ait d'autres car la saison va être extrêmement longue.
Sébastien Chabal a récemment qualifié le calendrier de «mascarade»...
Je ne me plains plus du calendrier. C'est comme ça. On sait que le championnat est dense. Jouer trois matches de haut niveau en dix jours, c'est une folie mais on ne va pas revenir dessus en permanence. Dans ma position, j'envie évidemment les nations du Sud entièrement tournées vers l'échéance de la Coupe du monde. Nos joueurs s'adaptent, pensent à leurs clubs, à faire un bon match le week-end qui arrive. Même si des choses ont été mises en place depuis trois ans, on sait bien que pour nous, la Coupe du Monde va commencer deux mois avant avec le stage de préparation. Mais je suis persuadé que nous serons compétitifs.
«L'équipe de France, c'est six mois avec un Grand Chelem dans le Tournoi et une tournée aussi pourrie que celle-là , qui a été un sommet»
Avez-vous tiré des enseignements de la tournée catastrophique de juin ?
Il y a si peu d'enseignements à tirer... On est bien sûr déçu. Le contexte était extrêmement compliqué. Il faut assumer ces mauvais résultats, se dire que l'équipe de France, compte tenu de son potentiel, de son calendrier et de son organisation, c'est six mois avec un Grand Chelem dans le Tournoi et une tournée aussi pourrie que celle-là , qui a été un sommet.
Quel est le favori du Mondial ?
Comme avant chaque Coupe du Monde: la Nouvelle-Zélande. Qu'elle soit le pays organisateur ne change pas grand chose à la donne. La Nouvelle-Zélande est favorite. Pour changer...
Que vous inspire le fait d'être dans la même poule que les All BLacks ?
Je suis très content de la poule. Un premier match contre le Japon, puis le Canada pour opérer une montée en puissance. Un gros test ensuite contre les All Blacks. C'est important parce que, souvent, une équipe tombée dans une poule trop facile a connu des désillusions en quarts de finale. Ca nous permettra d'aborder le dernier match qui est pour moi le vrai piège, le Tonga, qui jouera presque à domicile. On tomberait ensuite en quarts contre l'Ecosse, l'Argentine ou l'Angleterre. Ca reste des équipes à notre portée. C'est un calendrier qui doit nous permettre de monter en puissance.
Qu'avez-vous pensé du Tri-Nations cette année ?
Je me suis régalé. Le niveau était bien meilleur que l'an passé. J'ai vu des joueurs en place, qui ont parfaitement intégré les nouvelles règles, avec un temps de jeu effectif très important. C'est vers ce rythme-là qu'il faudra aller. J'aimerais que mes joueurs soient sensibles à ces exigences, qu'ils aient l'ambition non pas de faire partie de l'équipe de France mais de gagner la Coupe du Monde.
Avez-vous déjà votre liste de joueurs en tête ?
On va donner une première liste dans un mois et demi pour les tests de novembre, qui sera, je pense, assez proche de celle qui partira au mois de juin. Ca va se resserrer. On a trois ans d'enseignements sur ces joueurs.» (AFP)

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