Être premier ne garantit de rien. Malgré quatre victoires en cinq journées et une surprenante place de leader du Top 14, l'Aviron Bayonnais est mieux placé que quiconque pour le savoir. Et plutôt que de se laisser griser par ce classement qui ne durera peut-être pas au delà de la fin de l'été, les Bayonnais regardent régulièrement en arrière, vers cette saison maudite qui aurait dû les voir quitter l'élite. Un traumatisme dont les répercussions sont encore visibles dans l'édifice bayonnais. Benjamin Boyet, recrue venue de Bourgoin, confiait qu'il avait senti qu'il intégrait « un groupe encore traumatisé ». Et face à ce même Bourgoin que les Bayonnais ont enfoncé dans les limbes du classement dimanche dernier (23-28), les joueurs ont tenu à se rappeler une nouvelle fois leurs tourments passés. « Quand on a perdu ici, la saison dernière, les Berjalliens ont respecté notre tristesse. On a vécu une situation similaire, à lutter pour le maintien, et on ne doit pas en rajouter. Cette victoire ne doit pas effacer le souvenir des difficultés rencontrées l'an passé », paroles exemplaires du capitaine Julien Puricelli à la fin de la rencontre.
«Pour moi, on est un promu qui doit prouver à chaque match, écrire son histoire» : Julien Puricelli
C'est dans cette souffrance passée qu'il faut voir l'origine de la force nouvelle de l'Aviron. Le groupe ne se considère plus comme une équipe ayant ses quartiers depuis de nombreuses années dans l'élite. c'est même une toute nouvelle philosophie qui semble régner autour de Jean-Dauger. Puricelli encore, « Pour moi, on est un promu qui doit prouver à chaque match, écrire son histoire ». Même discours chez Rémy Martin. La volonté d'écrire l'histoire du club « chaque week-end » se fait furieuse. Après un chapitre horrible, l'Aviron se trouve face à une page blanche. A lui de décider le ton qu'il veut donner au nouveau segment de son histoire. Mais si la douleur reste vive, l'enthousiasme se fait de plus en plus présent. L'an dernier, Bayonne avait dû attendre la vingtième journée pour remporter sa première victoire à l'extérieur. En cinq journées, les Basques ont déjà doublé ce résultat.
Pour autant, Christian Gajan tient à dégonfler rapidement toute tête qui se prendrait pour une montgolfière. « Jusqu'à maintenant le calendrier nous a été favorable mais nous allons enchaîner quatre gros matches en recevant Clermont, Perpignan et Biarritz et en allant à Toulouse ». Effectivement, après un galop d'essai convaincant, les choses sérieuses pourraient vraiment commencer pour l'Aviron Bayonnais. Au terme de ces quatre matches, après le derby basque en final de choix, les joueurs de Christian Gajan sauront s'ils en ont fini avec leur passé. - Bertrand LAGACHERIE

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