Le match entre Agen et Perpignan aurait sûrement plu à Quentin Tarantino. Le fervent adepte des séances à double programme aurait trouvé son bonheur du côté d'Armandie. Car pour le prix d'un seul ticket, les spectateurs ont eu droit à deux matches différents. Le premier (Perpignan le terrible) durait jusqu'à ce que les Catalans mènent 0-20. Ensuite, les heureux possesseurs du ticket magique avaient droit à un remake de la Chevauchée Fantastique, avec les joueurs du SUA dans le rôle de la cavalerie américaine. A la fin de la séance, le grand écran affichait 23-23. Bravo au scénariste qui avait concocté un pareil finish.
Car bien malin celui qui aurait pu prévoir un tel partage des points après une entame catastrophique des Agenais. Indisciplinés de façon outrancière, largement à côté des débats, les joueurs du SUA en étaient vite réduits à être les spectateurs de l'adresse de Porical et de la vitesse de Michel. C'est une constante agenaise depuis le retour en Top 14, mais ces mauvaises entames risquent de coûter cher à l'avenir. Remonter 20 points d'écart ne sera pas possible tous les week-end.
Côté catalan, il sera également temps de se demander comment un tel avantage a pu être abandonné. Un début de réponse vient à une déconcentration manifeste au retour des vestiaires. Les joueurs ont peut-être cru un peu trop vite qu'ils avaient gagné la partie. La force des Agenais est de n'avoir pas renoncé alors qu'ils étaient au fond du trou. En un quart d'heure, ils inscrivaient trois essais et relançaient totalement un match bien mal embarqué. Le manque de réaction des Perpignanais devant une telle furia peut également être sujet à question. Et cela aurait pu être pire si une dernière faute catalane avait été sifflée. Le SUA aurait alors hérité d'une pénalité facile et les points n'auraient peut-être pas été partagés de la même façon. Mais ça, c'est encore un autre film. - Bertrand LAGACHERIE

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