«Que s'est-il passé juste après votre victoire ?
J'ai pleuré ! J'étais contente. J'ai vraiment travaillé cette année pour les Championnats du monde. Je m'étais dit qu'il me restait deux Championnats du monde et les Jeux. Je n'ai plus de joker. Je suis décidée à travailler et à réussir. J'ai conscience d'avoir le potentiel. Quand je finis une journée comme ça, je me dis que c'est bien, c'est tranquille. J'espère faire ça encore dans les prochains Championnats.
Vous parlez comme quelqu'un qui n'a pas confiance en soi malgré votre palmarès ?
Non, je ne manque pas de confiance. Mais chaque fois on me dit que je suis le génie chez les filles, que je suis très forte. Mais j'en ai perdu des Championnats. L'année dernière, je perdais au deuxième tour. J'ai des références sur des mauvais moments et des fois, ça me revient. Là , j'ai pensé à ma finale perdue aux Jeux et ma finale perdue en 2007. Je me suis dit : j'espère que celle-là , je ne vais pas la rater. Depuis 2005, je n'ai pas gagné de finale en Championnats du monde. J'avais de la pression. Mais la pression c'est elle (la Hongroise Meszaros) qui devait l'avoir parce que je l'avais battue à Paris (en février). Après, j'ai fait le travail sur l'agressivité et la tactique et elle n'a pas tenu.
Ce titre vous fait-il plus plaisir que le premier ?
Oui parce que, déjà , ça en fait deux ! Deux fois et pas dans la même catégorie, je suis contente. Et en plus au Japon.
Avez-vous résolu votre problème d'entame de match, par rapport à l'agressivité ?
Je suis super motivée et j'ai envie de gagner mais j'aimerais bien que je fasse deux, trois "uchi" et ça tombe tout seul. Je prends conscience que les filles sont là pour me poser des problèmes, que ça va être un Championnat dur. Une fois que j'en ai pris conscience, ça décuple mes forces et je me mets un peu au dessus.
Cinq ans après, ça signifie quoi pour vous ?
Franchement, j'attendais. Avant de venir ici, je me suis dit que ça faisait 5 ans que je n'avais pas gagné un gros titre. J'attendais vraiment. Depuis trois mois, je me préparais dans la tête à gagner. Je ne voulais rien d'autre que gagner. Même si c'est passé vite, finalement c'est long. Quand j'entends dire que "Lucie, championne du monde mais en 2005", ça fait un peu mal. Il me reste encore du chemin à faire et quelques trucs à gagner et après je laisserai la place aux jeunes.
Ce titre change tout ?
J'espère que dans ma tête ça va changer et que ça va plus me durcir le mental et que pour les deux ans qui restent, je vais être encore plus forte et que surtout, ça va bien mettre la pression à mes adversaires parce que c'est le but aussi. Je pense que là , j'en ai rajouté une petite couche ! Ca me permet d'y croire pour l'année prochaine à Paris et dans deux ans les Jeux.» (AFP)

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