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JO 2006 TURIN

LA RETRO DES JO

Saison 2005-2006
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SALT LAKE CITY 2002

Il est exactement 21h05 (5h05, heure française), lorsque le président américain, George W. Bush, ouvre officiellement les Jeux et le début de la quinzaine olympique devant 52000 spectateurs réunis dans le stade Rice-Eccles, par un temps très froid (- 10° C), et environ 2,5 milliards de téléspectateurs dans le monde entier.
 
Carole Montillet, médaille d'or au cou. (L'Equipe)

EN BREF

Ce sont 2 500 athlètes, représentant 77 pays différents, qui se sont donnés rendez-vous pour cette nouvelle olympiade d'hiver, la quatrième disputée sur le sol américain. Ces Jeux, très emprunts de patriotisme, seront malheureusement marqués par des « affaires» de dopage et d'arbitrage.

La dernière journée a ainsi été ternie par le contrôle antidopage positif de Johann Muehlegg, le triple médaillé d'or en ski de fond. Contrôlé positif le 21 février, l'Espagnol conserve ses deux titres précédemment acquis, mais perd celui du 50km classique. Larissa Lazutina et Olga Danilova sont les deux autres athlètes convaincues de dopage. Comme pour Muehlegg, les deux Russes conservent les médailles acquises avant le 21 février : une d'or et une d'argent pour Danilova et deux en argent pour Lazutina.

Cette même Lazutina est la cause d'un clash entre le CIO et la délégation russe, qui menace de boycotter la cérémonie de clôture, la demi-finale de hockey et les épreuves de ski de fond, accusant des juges ou arbitres de ne pas être « objectifs». Ces déclarations font suite au refus de laisser l'athlète russe participer aux relais 4 x 5 km suite à son contrôle. Sa non-qualification tardive a empêché les Russes de la remplacer et entraîné leur forfait. Les Coréens ne sont pas en reste puisqu'ils ont contesté la disqualification de leur représentant en short-track sur 1500 m.

C'est en fait dans la patinoire de Salt Lake qu'éclate le scandale le plus retentissant. A l'issue de l'épreuve de couples, le titre olympique est attribué aux Russes Berezhnaya-Sikharulidze avec une seule voix d'écart (5 contre 4) sur le duo canadien. Un choix qui n'était ni du goût du public, ni de celui des médias nord-américains, dont la préférence allait sans conteste aux Canadiens. Et pour la première fois dans l'histoire de l'olympisme, le CIO déjuge les juges et attribue à Salé-Pelletier une deuxième médaille d'or. La juge française, Marie-Reine Le Gougne, est suspendue pour mauvaise conduite. Elle est accusée d'avoir favorisé les Russes pour aider le couple de danseurs français, en lice un peu plus tard dans la compétition.

LES STARS

Star parmi les stars, Ole Einar Björndalen. Le Norvégien a littéralement dominé les épreuves de biathlon. Sprint 10 km (comme en 1998), 20 km, poursuite (disputée pour la première fois aux Jeux) et relais ont été pour le Norvégien autant de raisons de briller. Avec quatre médailles d'or - une première absolue en neige -, le biathlète mérite sans contestation possible le titre de Seigneur des Anneaux.

Que dire de Janica Kostelic. La Croate a également illuminé de son talent les épreuves de ski. A 20 ans, elle est devenue la première skieuse de l'histoire à remporter trois titres lors d'une même olympiade. Après l'or du combiné et du slalom, sans compter l'argent du super-G, la jeune Croate a rajouté l'or du géant. Une performance également réalisée en combiné nordique par Samppa Lajunen. Victorieux de la course individuelle du 15 km deux jours après l'ouverture des Jeux, puis en relais, le Finlandais a survolé l'épreuve du sprint, qui faisait son entrée olympique.

En saut à skis, tout le monde attendait Sven Hannavald. Mais le grandissime favori des épreuves (K90 et K120) n'a pas réussi à conquérir l'or olympique. Il a subi la loi du jeune Simon Amman. L'homme-oiseau suisse, surgi de nulle part, a cumulé chance et talent pour monter par deux fois sur la plus haute marche du podium.

Star des trois dernières olympiades - voire quatre si l'on compte sa médaille d'argent à Calgary - Georg Hacklrêvait de conquérir un quatrième titre olympique consécutif en luge sur la piste de l'Utah Olympic Park. A 35 ans, le vétéran allemand a finalement dû se contenter de l'argent après avoir trouvé son maître avec Armin Zoeggeler, le champion du monde en titre et vainqueur de la Coupe du monde 2000 et 2001.

Alexei Yagudin, enfin, a illuminé de son talent et de sa grâce la patinoire de Salt Lake City. Malgré les scandales qui ont éclaboussé la glace, le Russe a redonné ses lettres de noblesses à son sport. Le quadruple champion du monde (1998, 1999, 2000 et 2002) a offert aux spectateurs un programme libre de toute beauté pour décrocher son seul titre olympique. Quatre juges l'ont d'ailleurs gratifié de la note maximale (6.0) en artistique.

LES FRANCAIS

Carole Montilletdécroche une médaille d'or historique en descente. Elle est en effet la première française à monter sur la plus haute marche d'un podium olympique dans cette discipline. Elle succède aux soeurs Goitschel, les dernières Tricolores à avoir accroché une médaille olympique à leur cou.

Les snowbordeuses sont en grande forme. Quatre ans après la déception de Nagano, Isabelle Blancatteint la consécration en succédant au palmarès olympique à sa compatriote Karine Ruby, qui se contente quant à elle de l'argent. Les filles réalisent le sixième doublé tricolore dans l'histoire des Jeux et gagnent une troisième breloque, en argent, grâce à Doriane Vidalen half-pipe. Déception pour les garçons, Nicolas Huetet Mathieu Bozzettosont privés de médailles.

Jean-Pierre Vidalet Sébastien Amiezfont aussi bien que Blanc et Ruby en slalom. La magie a opéré, le premier nommé domine l'épreuve devant le second dans une épreuve où les favoris ont failli dans la seconde manche. Le slalom féminin monte aussi sur le podium (argent) grâce à Laure Pequegnot. Le ski acrobatique rapporte également une médaille avec Richard Gay, bronzé.

La quatrième médaille d'or est offerte par le duo de danseurs sur glace Gwendal Peizerat - Marina Anissina. Premier à l'issue du programme court, le couple va ensuite confirmer grâce à un libre maîtrisé. Les deux patineurs ajoutent ainsi un nouveau titre à un palmarès déjà bien garnie avec l'Europe (2000, 2002) et le monde (2000) à leurs pieds.

Très attendus, les biathlètes vont decevoir, même s'ils ne rentrent pas bredouilles. Raphaël Poirée, chef de file de la délégation tricolore, doit se contenter de l'argent dans le 12,5 km poursuite et du bronze avec ses compères du relais 4x7,5 km ( Marguet, Defrasneet Robert).