CANNARD BRONZÉ ET RAYONNANT
Par Olivier PAQUEREAU (Ã Sestriere)

« Ce qui me plaît au biathlon...
C'était le dernier de la bande. Ferréol Cannard était le seul des quatre biathlètes engagés mardi dans l'épreuve de relais à ne jamais avoir remporté de médaille olympique. Raphaël Poirée, Vincent Defrasne et Julien Robert, avaient obtenu le bronze à Salt Lake City dans la même discipline. Poirée et Defrasne (ce dernier tout récemment) ont également connu la joie de récompenses individuelles. «
En plus, c'était mon premier relais aux Jeux, raconte l'intéressé.
J'étais donc particulièrement stressé. Je ne l'ai même jamais autant été. Si tu rates ton passage, tu peux pénaliser les copains et je n'en avais absolument pas envie.» Mais, pour Ferréol Cannard, tout s'est bien déroulé. Le natif de Morez (Jura), parti en tant que troisième relayeur, a réalisé un sans-faute au tir - en ayant eu cependant recours à deux pioches, une en position couchée, l'autre debout - et a maintenu la cadence en course, passant le relais à Poirée en troisième position à quarante secondes des Russes. «
Au moment du dernier tir, j'avais un peu les jambes qui tremblaient, a-t-il confié.
Mais, sur la fin, des Français sont venus m'encourager. Cela m'a aidé à aller au bout de moi-même dans la course. C'est finalement le mental qui a fait la différence.»
... C'est que cela tient souvent à rien»
Jusqu'à mardi, la neige de San Sicario n'avait pas vraiment souri à Ferréol Cannard. Lors de l'épreuve de sprint, puis lors de la poursuite, il avait terminé loin, vraiment très loin (respectivement 33e et 42e). «
Mais, samedi dernier(lors de la poursuite)
, j'ai couru pour préparer justement le relais. J'ai pris des repères sur la piste et veillé à ne pas finir trop vite pour être en forme mardi.» Une stratégie payante qui lui a permis d'effacer une saison également en demi-teinte. En 2005-2006, Cannard n'avait pas fait mieux qu'une vingt-sixième place lors de la course individuelle d'Orsblie en Slovaquie. «
Mais j'avais basé toute mon année sur ce relais olympique,glisse le biathlète français.
J'y ai pensé tout le temps. C'est génial.» Ses précédents bons souvenirs étaient une médaille de bronze (encore en relais) aux Mondiaux de 2003 «
devant 30 000 spectateurs» et une victoire en Coupe du monde à Ruhpolding (toujours avec le relais) : «
Quand tu finis deuxième ou troisième, tu te dis que tu aurais pu mieux faire. Là forcément, c'est super.» Autant de bons moments néanmoins relégués au second plan par le résultat de mardi.
Aujourd'hui Ferréol Cannard savoure : «
C'est un rêve de gamin qui s'est réalisé et un objectif de carrière qui a été atteint. Je vais encore plus réaliser dans les jours qui viennent. Ce qui me plaît au biathlon, c'est que cela tient souvent à rien.» Maintenant le jeune Jurassien (27 ans) est un médaillé olympique et doit assurer en tant que tel. Cérémonie des médailles, conférence de presse, visite au Club France dans les heures qui ont suivi le podium. «
Là , ça a brassé beaucoup,avoue-t-il.
C'est vrai qu'on est obligés de passer par là . Mais je n'aime pas trop ça, en fait.» Sur sa fiche biographique, il est en effet marqué que Cannard est un grand timide. Maintenant le tout frais bronzé veut se projeter vers la fin des Jeux Olympiques de Turin. «
Ce serait bien si ça pouvait durer jusqu'à samedi.» Samedi, c'est la mass start, la dernière épreuve du biathlon.














 La fiche de Ferréol Cannard