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JO 2006 TURIN

SKI DE FOND (H)

Magazine
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DARRAGON, LE FONCEUR
Par Olivier PAQUEREAU, à Sestriere

Roddy Darragon va représenter la France en sprint individuel ce mercredi. Une discipline atypique et rarement mise en valeur dans l'Hexagone. Rencontre avec un athlète et sa course.
 
Roddy Darragon en pleine action. (L'Equipe)

« Je m'endormais presque sur les longues distances »

Le sprint est un peu aux antipodes des habituelles épreuves de ski de fond. Là, on ne parle pas de longue distance, de kilomètres avalés avec la nécessité de bien gérer sa forme physique. Non, au sprint, il s'agit d'une course longue de seulement 1 500 mètres. « Pour pratiquer ce genre d'épreuve, il faut aimer le contact, déclare Roddy Darragon, qui va concourir mercredi et sera le seul Français engagé. On ne doit pas se laisser marcher dessus. Il faut aussi être rapide, davantage que dans les courses de distance. Sinon, techniquement, on skie de la même façon.» Au départ, se déroule un tour de qualification qui permet aux seize meilleurs skieurs d'atteindre les quarts de finale. Place ensuite à un système à élimination directe vers la finale qui regroupe quatre skieurs. Le sprint a été admis aux Jeux Olympiques de Salt Lake City en 2002, alors que l'épreuve par équipes a été rajoutée au programme olympique à Turin.

Roddy Darragon a vingt-deux ans. Il est étudiant en technique de commercialisation et se consacre au sprint depuis maintenant trois ans. « J'ai commencé le fond à l'âge de neuf ans, chez moi au Grand-Bornand, raconte-t-il. Mais j'ai bifurqué vers cette spécialité parce que les longues distances m'ennuyaient. Je m'endormais presque. Là, tout se joue sur la ligne d'arrivée. Et puis cela m'a permis d'intégrer l'équipe de France.» Le jeune homme a ainsi progressé. Parmi ses meilleurs résultats depuis deux saisons, on retient une quatrième place à Novo Mesto en 2004-2005 et une sixième à Düsseldorf cette saison. « Mais mon meilleur souvenir reste la première fois où je me suis qualifié en phase finale, confie-t-il. C'était aussi à Düsseldorf mais il y a deux ans. Cela avait été énorme. Je n'avais jamais fait mieux que trentième auparavant. Et je me suis retrouvé avec les pointures de la catégorie. Hallucinant !»

« J'espère être dans les dix premiers »

Maintenant Roddy Darragon va découvrir les Jeux Olympiques. « Au départ, je ne voyais pas la grandeur que représentait un tel événement. Je m'en suis rendu compte par les médias et par les gens de mon village qui n'arrêtaient pas de m'en parler. Concernant la course, cela va être du même niveau que les précédentes mais avec un enjeu énorme.» Et l'envie de bien faire naturellement. « J'espère être dans les dix premiers, avoue le Savoyard. Mais je ne veux pas me poser trop de questions non plus. Je n'ai pas beaucoup d'expérience et de régularité. De toute façon, c'est très aléatoire. Si je peux arriver en demi-finales, oui, ça serait bien.» Cela ferait un peu parler de lui également, une chose rare dans sa carrière. Mais il n'en a que faire. « L'anonymat ? Ce n'est pas mon problème. Si on parle de moi, je suis gagnant. Sinon, ce n'est pas plus mal. Je suis tranquille. On ne m'appelle que tous les quatre ans. »

Engagé ce mercredi, Roddy Darragon est arrivé sur le site olympique en fin de semaine dernière seulement. Un programme de préparation l'avait retenu chez lui auparavant. Pas de cérémonie d'ouverture pour lui donc. « J'aurai aimé y aller, glisse-t-il. Cela ne va pas m'arriver souvent ce genre d'événement. Mais les courses sont importantes. J'en avais une la veille au soir.» Et, même s'il entend profiter un peu des Jeux, de l'ambiance et de la découverte des autres disciplines, il fera un nouveau crochet par chez lui, une fois le sprint terminé. Explication : Roddy Darragon fait partie d'une association au Grand-Bornand qui organise des épreuves de ski acrobatique et il est responsable de la musique et de l'animation. Un jeune homme décidément très actif...