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JO 2006 TURIN

PATINAGE DE VITESSE

Magazine
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SORTIR DU DÉSERT
Par Olivier PAQUEREAU, Ă  Sestriere

Pas de Français engagé aux Jeux de Turin, pas d'anneau pour patiner dans l'Hexagone. La grande piste dans notre pays n'existe quasiment pas et le meilleur représentant tricolore évolue aux Pays-Bas. Les dirigeants veulent cependant croire à des lendemains meilleurs.
 
Le patineur Français Cédric Michaud. (L'Equipe)

La France n'a plus d'anneau

Quelques centaines de kilomètres au Nord de la France. Nous sommes aux Pays-Bas et, là-bas, le patinage de vitesse est le sport-roi, en compagnie du football. A la télévision, les images des speedskaterstout d'orange vêtus défilent en boucle depuis l'anneau olympique de Turin. Et il n'y a pas que les Jeux. De très nombreuses courses existent au niveau national ou local avec un suivi médiatique régulier. Parmi la foule de patineurs professionnels résidant dans le pays, on retrouve un Français, Cédric Michaud, 29 ans et originaire de la région nantaise. Sa situation relève à la fois d'une réussite -intégrer une équipe professionnelle néerlandaise- et d'une fuite -quitter un pays où le patinage de vitesse n'offre aucune possibilité. Car la grande piste en France en est là. C'est simple : il n'y a pas grand chose. Aucun anneau où s'entraîner, tout d'abord. Celui qui avait été construit à Albertville pour les Jeux de 1992 a été démonté. « C'est un choix et il faut le respecter, lâche Christelle Gautier, directeur sportif du short-track mais aussi de la grande piste. Mais il est évident que cela a été désastreux pour la discipline. Depuis les Jeux de Salt Lake City, tout a été abandonné. Mais c'est oublier que la vitesse représente énormément de médailles aux Jeux Olympiques. »

Et, pour ne rien arranger à la situation, la France aurait pu bénéficier de l'expérience de Cédric Michaud à Turin. Sauf que son sponsor néerlandais a refusé de le libérer pendant la période olympique, arguant que des courses importantes avaient lieu aux Pays-Bas au même moment. « C'est une grosse déception, constate l'intéressé. Il y avait pourtant eu un discours à l'amiable auparavant pour me laisser aller en Italie. J'avais même été détaché pour faire des épreuves de Coupe du monde. Mais ensuite on m'a demandé de revenir.» « Il aurait fallu mettre 80 000 euros sur la table pour casser le contrat de Cédric et le récupérer», avoue Christelle Gautier. « Ce n'est pas facile de regarder les Jeux à la télévision, en ce moment», renchérit Michaud. Cela aurait pourtant pu booster la discipline en France. C'est raté. « Déjà qu'il n'y a pas de situation chez nous, poursuit le meilleur patineur français du moment. C'est de plus en plus dur de motiver des jeunes qui veulent se lancer. Il y a aura toujours quelques patineurs mais cela restera des actions individuelles.»

Du roller skate au patinage de vitesse

De là à dire que le patinage en vitesse en France n'a plus d'avenir, il y a un pas qui ne sera pas franchi. Des solutions sont mises en place tout doucement. Pas d'anneau français donc pas de compétition nationale. Du coup, le Championnat de France se déroule en même temps que celui de la Suisse et de l'Autriche, pays également sinistrés dans la discipline, selon un partenariat. La première manche a eu lieu à Davos. Les autres se dérouleront après les Jeux Olympiques. En revanche, la construction d'un anneau reste pour l'instant à l'état de projet. « On avait parlé d'en faire un à Strasbourg, déclare Christelle Gautier. Mais cela doit être conçu au niveau national et non fédéral. C'est politique. Et puis construire, c'est une chose, mais il y a aussi l'entretien.»

Enfin, et c'est le plus important, quelques Français sont quand même engagés en patinage de vitesse. Ils sont au nombre de trois : Pascal Briand, Tristan Loyet Alexis Continet viennent tous du.roller-skate. La proximité technique entre les deux disciplines a finalement conduit à un rapprochement. « La possibilité de participer un jour aux Jeux a intéressé les gens du roller-skate, constate Gautier. Cela représente un transfert intéressant. » Les trois Français ont déjà obtenu des résultats dans leur premier sport : Pascal Briand a fait plusieurs podiums en Coupe du monde. Aligné pour la deuxième saison sur le circuit international de patinage, il va maintenant aller travailler avec l'équipe de Chad Hendrick, tout frais champion olympique du 5 000 mètres. Alexis Contin a, lui, remporté le titre mondial de roller-skate chez les juniors. Tout n'est donc pas perdu et Vancouver peut représenter un objectif. Mais c'est dans quatre ans et il y a déjà du travail.