Il vient de remporter la course des rois, le 100 m nage libre. Alain Bernard contient ses émotions. Il explique sa course et fait partager sobrement sa joie jusqu'à l'évocation de son entraîneur, Denis Auguin. Là, le colosse craque. Les mercis pour son fidèle bras droit qui l'accompagne depuis huit ans se confondent avec les larmes. Depuis toujours, l'Antibois emploie le « on » à la place du « je » pour parler de ses exploits. Au moment de la consécration, l'élève n'oublie pas le maître.
Il est des podiums moroses. Les frères Fabrice et Jérôme Jeannet ont conservé leur titre par équipes, ce vendredi 15 août. Ulrich Robeiri a, lui, goûté à l'or olympique pour la première fois. Mais, sur la plus haute marche du podium, les Français ont eu le masque. Parce que le quatrième épéiste du groupe, Jean-Michel Lucenay, n'a pas pu entrer en cours de jeu et n'a donc pas eu de médaille. La blessure de Jérôme Jeannet aurait pu inverser la tendance mais les arbitres n'y ont pas cru. Pendant la Marseillaise, Lucenay, à quelques mètres de ses partenaires, a pleuré. Pas de joie.
Elle est belle l'histoire du gymnaste tricolore Thomas Bouhail, médaillé d'argent du saut de cheval. Et il était ému, le Français, initialement remplaçant de l'équipe de France jusqu'à la blessure de Pierre-Yves Bény (main) au début du mois de juillet. Au final, il est venu, il a vu, et il a (presque) vaincu, classé 1er ex-aequo à l'issue l'épreuve, mais finalement placé sur la deuxième marche du podium en raison d'une meilleure note inférieure au champion olympique, le Polonais Leszek Blanik.
Avec ses jambes fluettes et son air enjoué, elle court, elle court la mamie de Julien Absalon pour féliciter son petit-fils, double champion olympique de VTT. Pour soutenir le prodige de la famille, ils sont venus à vingt. Et le Vosgien possède le sens du devoir. En huit tours parfaitement maîtrisés, il réussit l'incroyable exploit de garder un titre olympique. Le premier, c'est déjà très bien. Le deuxième, c'est très, très fort.
En escrime, quand deux tireurs ne sont plus actifs sur la piste, ils peuvent être crédités d'une minute de pénalité supplémentaire. Pas au hand. Alors qu'il reste un peu moins de trente secondes au chronomètre de la finale masculine, les Bleus sont déjà sur une autre planète. De Girault, le visage dans les mains, à Karabatic, les bras tirés derrière la nuque, les joueurs de l'équipe de France de hand savourent avant l'heure officielle leur titre de champion olympique. Sur le parquet, l'Islande n'a pas existé. Les Français ont enfin décroché cette médaille d'or attendue depuis seize ans et la saga des Barjots à Barcelone. Comment gèreront-ils ce succès dans les mois à venir ? A mettre de côté pendant quelques heures... Pour la troisième mi-temps, en revanche, il n'y a pas eu de souci !
Quinze jours de compétition et pas un jour sans larmes. De tristesse parfois, après de grosses déceptions : Yann Cucherat (8e à la barre fixe), Frédéric Belaubre (10e du triathlon), où encore l'équipe de France féminine de handball, passée tellement près de sa qualification dans le dernier carré, pourraient en témoigner. De joie aussi... à l'instar de Boris Sanson, heureux comme un gamin sur la plus haute marche du podium en sabre par équipes. A l'image également de l'équipe de France masculine de handball, en totale osmose, qui a conclu ces 26es Jeux Olympiques de la plus belle des manières. Vivement Londres en 2012...

Prudent au moment d'aborder l'étape de Wengen, Alexis Pinturault en repart avec un peu...