L'équipe de France n'avait pas quitté un grand tournoi international avant les quarts de finale depuis 1997. Si l'on doit mesurer l'avenir des Bleus à cette aune, tout va très bien ! Oui, oui, souvenez-vous, en 1997, la France avait joué l'Euro en Espagne sans son cinq majeur. Les blessures avaient alors écarté Rigaudeau, Sonko, Digbeu, Bilba et Weis. Deux ans plus tard, elle se qualifiait pour Sydney, où elle allait obtenir la médaille d'argent.
Autant dire qu'après la sortie de route des Bleus 2010 contre la Turquie -contre le futur champion du monde?-, tous les espoirs sont permis. C'est vrai ça, le basket français est à poil. Perte d'audience dans l'hexagone, stars à l'intérêt circonstancié pour la sélection, ça ne peut qu'aller mieux.
Et bien sur, on reparle des absents. Après l'épisode turc -au secours, les pivots !-, on persiste ici à moins comprendre les motivations et positionnement de Joakim Noah que ceux de Tony Parker. Mais écartons les situations individuelles. Les internautes fidèles de notre site raillent l'inefficacité de la charte unissant les Bleus à leur sélection (salut, braziou...), gadget, cataplasme sur jambe de bois. Ils ont raison.
Le rapport de forces avec la NBA permet toutes les désertions, l'avenir de la sélection ne dépend donc que de la sincérité des internationaux vis-à-vis d'elle. On ne doute pas qu'ils feront un effort l'été prochain. Les JO, c'est bon pour l'image. Quoique... Comme la FIBA n'a rien trouvé de mieux que de réinventer le tournoi de qualification olympique, nos intermittents des parquets internationaux peuvent encore zapper l'Euro 2011 et se dire qu'il sera toujours de s'y (re)mettre avant les Jeux (1).
Mais sont-ils si certains qu'avec toutes ses forces l'été prochain, la France inventera en quelques semaines ce que seul le temps autorise ? Ce que ne veulent pas comprendre ces Bleus si persuadés de leur talent (ils sont en NBA, respect !), c'est que les sélections qui réussissent sont celles qui travaillent dans la durée, Etats-Unis à part, et encore... Les Bleus de 2000 dispensés de qualifs européennes en 1999 (pays organisateur) avaient notamment forgé leur identité dans des rassemblements et une série de huit matches amicaux contre la référence de l'époque, la Serbie. Les participations à éclipses condamnent tout travail de fond, c'est pourquoi témoigner de son amour pour d'équipe de France serait s'obliger à lui répondre chaque été. Le reste, c'est du vent pour la com'.
JEAN-LUC THOMAS
(1) : L'Euro qualifiera deux équipes et le TQO trois.

Pendant la saison, Kévin Séraphin vous fera régulièrement vivre de l'intérieur son...