«Je suis né en Côte d'Ivoire, à Abidjan. Mes parents sont d'origine malienne mais jouaient au basket en Côte d'Ivoire, c'est pour ça que je suis né là -bas. Mon père a joué contre Jacques Monclar. Je suis arrivé en France à l'âge de quatre ans et j'y ai vécu toute ma jeunesse. J'ai fait plein de petites villes mais j'ai vraiment grandi à Aulnay-sous-Bois, dans le 93, un endroit très connu de Brice Hortefeux. J'y retourne tout le temps. Quand je suis en vacances, je dors chez mes parents, dans la chambre où j'ai vécu toute ma vie. Enfin je suis obligé de dormir de biais parce que le lit est trop petit. Je revois les gars avec qui j'étais, qui sont fiers de ce que je fais... et que j'y retourne. C'est important pour moi qu'ils trouvent que je n'ai pas changé.
«L'Idaho, c'était une horreur sans nom. Y a des jours où on se posait sur le lit en on regardait le plafond en se disant : mais qu'est-ce qu'on va faire aujourd'hui ?»
Ma carrière a été très sinueuse, je suis passé par des chemins de traverse. J'ai commencé sérieusement le basket à 14 ans. J'ai été à Poissy, puis j'ai été recruté à l'ASVEL par Pierre Tavano (l'assistant de Vincent Collet). L'âge d'or, c'est avec Bogdan Tanjevic. Je pouvais m'entraîner avec Nikola Vujcic, c'est là que j'ai pris ce goût pour l'ex-Yougoslavie. J'adore la façon de jouer des gars de là -bas. J'ai même fait quelques matches à 16, 17 ans. Puis un certain entraîneur est venu (Philippe Hervé) et ce n'était plus du tout le cas donc j'ai essayé de partir aux Etats-Unis. J'étais un peu dégoûté du basket. Je suis allé là -bas, ça ne m'a pas super plu. C'était dans l'Idaho. C'était génial... non je rigole, c'était une horreur sans nom. Il y a des jours où on se posait sur le lit en on regardait le plafond en se disant : mais qu'est-ce qu'on va faire aujourd'hui ? Heureusement, j'ai rencontré une famille d'accueil sympa parce que c'était chaud.
Je rentre en France. Je fais des essais, notamment à Cholet. Le coach c'était Rudy Nelhomme (assistant en équipe de France), il n'avait pas voulu me prendre. J'ai eu la chance de pouvoir être le pigiste médical de Nicolas Strunc à Quimper. J'avais la mentalité d'un Américain. J'y allais pour tout casser. J'ai fait des gros play-offs et j'ai eu une opportunité à Roanne. Le titulaire, Gary Alexander, était sur le déclin et dès que je rentrais, je scorais. A la fin, ils l'ont coupé et m'ont mis en titulaire avec Pape Badiane. C'était les années 12 minutes - 8 points. Je suis parti au Havre parce que j'avais encore un peu la mentalité NBA. Ian Mahinmi venait d'être choisi par les Spurs. Je suis passé à 20 minutes par match... mais pas plus ! Avec Christian Monschau, ça a été deux années charnière qui m'ont lancé. C'est là que j'ai pu taper dans l'oeil de Vincent Collet, qui a voulu que je vienne à l'ASVEL. Là , ça a commencé à prendre forme pour une petite carrière internationale.
«Je me considère comme un citoyen du monde. Je sais, ça fait un peu copié sur Joakim Noah.»
Dans ma personnalité, j'ai besoin de beaucoup parler. Je parle peut-être trop, c'est vrai. Peut-être que ça peut saouler les gens. Mais même si parfois ça peut être un peu borderline, je sais où est la limite. J'aime aussi beaucoup les voyages - je suis allé en Serbie et au Japon cette année - parce que je me considère comme un citoyen du monde. Je sais, ça fait un peu copié sur Joakim Noah mais je trouve qu'il y a plein de cultures à découvrir, des gens sympas. J'ai aussi ce goût-là par rapport à mes parents. Ils n'ont pas forcément eu la chance que j'ai de le faire autant que je veux. Ils sont tout le temps sur la chaine Voyage. Je regardais avec eux et ça me faisait rêver, tous ces peuples, tous ces pays. Je suis un féru d'histoire-géo, d'où aussi mon envie de connaître différents pays, même si certains ne m'intéressent pas du tout, comme la Chine.»

Pendant la saison, Kévin Séraphin vous fera régulièrement vivre de l'intérieur son...