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Depuis de longues années, les Lakers sont invariablement présentés comme déficitaires au poste de meneur. Pas un duel de play-offs sans que ne soit dénoncée l'infériorité supposée de Derek Fisher, face à Russell Westbrook, Deron williams, Steve Nash, Rajon Rondo... Mais rares sont les séries où le vieux Fisher, 35 ans, ne se montre pas décisif à un moment ou à un autre. Si rien ne pourra probablement dépasser son panier tueur de Spurs à 0"4 du buzzer en 2004, ce match 3 complète un peu plus la légende de ce drôle de poisson - "The Fish" - qui se fond dans le décor avant de frapper.
9 points à 3/8 dans le match 1, 6 points à 2/8 dans le match 2, 5 points à 1/5 après trois quarts-temps ce mardi... Fisher s'est fait oublier dans cette finale, un panneau dans lequel tombait toujours les adversaires des Bulls de Phil Jackson dans les années 1990 face aux Armstrong, Kerr et autre Paxson. Sauf que ce quadruple champion NBA, arrivé à L.A. en 1996 et qui a passé trois saisons ailleurs entre 2004 et 2007 avant de revenir, s'est rappelé au bon souvenir de tout le monde - les Celtics et leurs fans exceptés. Son fait d'arme : 11 de ses 16 points dans le dernier quart-temps. 11 points, un trésor de guerre lors de cette rencontre où bons nombre de tirs ouverts n'ont pas trouvé le chemin du cercle. Il faut remonter au... match 3 en 2008, déjà entre Celtics et Lakers, pour retrouver la trace d'un total de points plus faible en finale (87-81).
Le choix payant de Phil Jackson : geler le rythme en profitant de la domination de Bynum et Gasol au rebond pour empêcher Rondo, clairement le meilleur Celtic, de prendre le match en main.
11 points de Fisher, c'était surtout très utile pour compenser la maladresse de Kobe Bryant, resté muet entre les 35e et 47e minutes et qui a fini la partie à 29 points, certes, mais à 10/29. Impossible de faire pire pourtant que Ray Allen. Au sortir d'un match historique, il a rejoint Paul Pierce dans le brouillard avec un mémorable 0/13, dont 0/8 à 3 points. Cette faillite semble s'expliquer autant par la difficulté des "vieux" cadres de Boston à tenir désormais le rythme sur la durée - voir le cas Garnett, retrouvé et dominant en début de match avant de s'éteindre - que par les choix tactiques payants de Phil Jackson.
Dominants au rebond (36 à 29), les Lakers n'ont jamais donné de rythme à la balle afin de ne pas mettre Rajon Rondo dans sa zone de confort. Car ce dernier est le meilleur Celtic, c'est une évidence, et on ne parlait plus que de lui depuis dimanche. Tout doit donc être fait pour l'anihiler. De plus, les Lakers sont peu venus en aide à l'intérieur afin de protéger la ligne à trois points et d'empêcher leurs adversaires de prendre feu comme lors du match précédent. Porté par un TD Garden incandescent, Garnett en a profité en début de match, inscrivant 10 points en 9 minutes. Les Celtics ont pris sept points d'avance (12-5).
Mais les choix du Zen Master ont payé assez vite. Réveillés lors d'un temps-mort en forme de coup de maître, les Lakers ont renversé le match et fait monter l'écart à jusqu'à +17 (20-37, 15e). Conséquence de leur choix de geler le ballon, ils ont eu du mal à attaquer. Cette fois, Pau Gasol et Andrew Bynum se sont surtout illustrés en défense. Ils ont permis à leur équipe de rester continuellement en tête malgré un rapproché des Celtics à un point en fin de match (70-69, 40e). Jusqu'à ce que Ray Allen ne rate deux tirs importants dans les deux dernières minutes et qu'une faute offensive de Garnett ne tue les derniers espoirs. A Doc Rivers de trouver la parade. X.C.

Pendant la saison, Kévin Séraphin vous fera régulièrement vivre de l'intérieur son...