«Vincent Collet, n'avez-vous pas l'impression de revenir de loin ?
C'est une histoire humaine. Combien de fois je vous ai dit qu'on a des mecs avec des valeurs. Ca fait des mois qu'on se cherche, qu'on cherche la cohésion. (...) Je félicite les joueurs pour leur état d'esprit. On est allé chercher la victoire en finale avec le coeur, mais avec la tête aussi. Il fallait montrer tous ces trésors de générosité. C'est cruel (pour Orléans) mais c'est le sport, je l'ai vécu deux fois avec Le Mans. C'est ce qui fait la beauté de ce match qui était une grande finale. C'est un scénario incroyable. Et je veux rajouter
que j'ai trouvé qu'il y avait beaucoup de coeur dans cette compétition. Vichy en a montré un formidable. Il y a eu beaucoup d'énergie déployée. C'est souvent le cas mais peut-être encore plus cette année.
Ce titre change-t-il la saison de l'ASVEL ?
C'est une saveur exceptionnelle pour le staff. On n'ignore pas où on était il y a dix jours. C'est magnifique, on savoure, mais on sait d'où on vient. Si Lukauskis ne met pas les derniers paniers à trois points contre Gravelines (en quarts), on serait encore dans une situation délicate. On l'est encore d'ailleurs, mais avec une équipe qui a montré des choses. On sait qu'on peut jouer dans cette cour là . On l'avait montré en Euroligue, mais pas en Championnat. Maintenant, le match le plus important, c'est celui de Gravelines (samedi prochain en Pro A). Et ce ne sont pas des mots. On ne peut plus se permettre de perdre un match à domicile avec le retard qu'on a.
Et c'est encore une fois Eric Campbell qui vous offre un trophée. Quand avez-vous su qu'il pourrait jouer ?
J'ai su hier, après le massage, que ça (sa blessure au mollet) se détendait déjà . Le kiné m'avait dit que ça irait. Ce matin, il m'a dit "personne ne m'empêchera de jouer". Quand il se fait une entorse, il serre la chaussure. C'est Eric... Mon MVP, c'est lui. Ils (les journalistes) ont voulu partager (en le donnant à Lukauskis) puisqu'il l'avait déjà eu en 2006. C'est my man, comme disent les Américains. Il a des valeurs humaines exceptionnelles en plus de son niveau sportif. C'est lui qui a payé le plus les pots cassés du manque d'altruisme en début de saison. Cette Semaine des As a été l'occasion de montrer qu'il restait Eric Campbell. A Zagreb (lors du dernier match d'Euroligue), c'était déjà le meilleur joueur de l'ASVEL. C'est le quatrième trophée qu'on gagne ensemble et à chaque fois, ce n'est pas loin d'être le meilleur. Il réserve ses trois points uniquement pour les grands moments.»
Propos recueillis par Xavier COLOMBANI, Ã Villeurbanne

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