Teddy Riner connaît son judo sur les quatre doigts de la main. Quatre, comme le nombre de ses couronnes mondiales chez les lourds. Quatre, comme le chiffre formé par sa main de colosse en sortant du tapis. Pas d'explosion pour clotûrer cette première journée du mondial japonais. Ni sur le tatami, ni dans les gestes du Guadeloupéen. Si Riner a été royal au cours de cette journée, en remportant tous ses combats par ippon, la finale était à part. Peu d'encouragements, peu d'applaudissements, un combat gagné sur yuko.
Teddy Riner est le 4e judoka de tous les temps à réaliser cet exploit. Avant lui, David Douillet, les Japonais Naoya Ogawa et Yasuhiro Yamashita en ont fait autant.
Face à l'Allemand Andreas Toelzer, le judoka de 21 ans a dominé, tenté de ne pas subir son rythme apathique. Il ne s'est pas passé grand chose, il faut le dire, dans les cinq premières minutes. Un simple avertissement pour Toelzer. Riner cherchait alors à maîtriser la fin du combat pour pousser l'Allemand à écoper d'une moulinette. Mais le Français a échoué. Le triomphe est venu après 50" de combat dans le golden score, où Riner est parvenu à renverser l'Allemand. Yuko. Mais qu'importe la manière, le désormais quadruple champion du monde ne fera pas la fine bouche. Et même s'il n'explose pas, son regard veut tout dire. Déjà tourné vers l'avenir. Vers lundi, où il peut devenir le plus grand judoka de tous les temps s'il s'impose en toutes catégories. «Le titre est là . Maintenant, je vais prendre une bonne douche et après on va se concentrer lundi pour le "toutes cat"», a-t-il déclaré.
Riner : «Le premier titre est toujours plus beau mais là il a une saveur particulière parce que c'est au Japon. Je suis très content. Et en plus avec la manière donc je suis fier de moi. J'avais envie d'exploser mais comme j'ai pas réussi à marquer ippon (en finale), j'étais un peu déçu.»
Sur le podium, il était accompagné de Matthieu Bataille, médaillé de bronze après avoir foudroyé le Brésilien Rafael Silva. Une performance historique pour les Français qui prouve que le judo français est en excellente santé. Mais c'est Thierry Fabre (-100 kg) qui avait ouvert le compteur des Bleus en remportant le bronze à l'issue d'un beau combat contre le Mongol Tuvshinbayar Naidan. (Avec AFP)
Si les hommes étaient à la fête, les Françaises n'ont pas brillé. Céline Lebrun (-78 kg), après s'être inclinée en quarts face à la future championne du monde, est passée à côté de son repêchage. Dans la même catégorie, Audrey Tcheuméo est tombée d'entrée et Stéphanie Possamai (+78 kg) est sortie au 2e tour.

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