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Le 15/02/2010 à 09:20 | Mis à jour le 15/02/2010 à 09:29

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Une famille en or

Vincent Jay et Jason Lamy-Chappuis ont récompensé dimanche l'immense travail de tous les membres du ski nordique français.
Médaille d'or pour Vincent Jay et Jason Lamy Chappuis.(EQ)
Médaille d'or pour Vincent Jay et Jason Lamy Chappuis.(EQ)

Quelle soirée ! Le film du dimanche soir a tenu toutes ses promesses. Deux heures d'intenses émotions avec des rebondissements et une happy end pour finir. Deux heures, entre 21h15 et 23h15 où la France s'est même emparé de la première place du classement des médailles de ces Jeux olympiques de Vancouver. Cela ne durera probablement pas alors profitons. Savourons sans modération.

Il y eut d'abord ce succès de Vincent Jay. Si inattendu d'abord et qui s'est dessiné au fil des minutes. Il y eut ensuite cette consécration de Jason Lamy-Chappuis. Quand le Jurassien a attaqué son sprint, beaucoup de murs ont dû trembler. Et pas seulement à la salle polyvalente de Bois d'Amont, l'antre de celui que toute la France appelle ce matin « Jez ». Que l'on soit fan de combiné nordique ou bien simplement un curieux tombé par hasard sur Eurosport ou France Télévisions, comment ne pas crier devant sa télé ? Dimanche, nous vous confions notre peur de le voir manquer ce rendez-vous. Comme la peur que l'on pourrait avoir pour le premier de la classe la veille de ses épreuves de bac. Jason a répondu présent. Avec mention très bien. Il est allé la chercher cette breloque. Et du plus beau métal.

Jason, c'est le mec intelligent, probable futur pilote de ligne, courtois, bien élevé, un physique qui émoustille nombre de demoiselles, et depuis dimanche, champion olympique ! Bref, le mec qui pourrait énerver mais qui pourtant fait l'unanimité. Même au fond de la plus reculée des vallées, impossible d'entendre le moindre écho d'une critique. Si la bonne fée qui s'est penchée sur son berceau, il y a seulement 23 ans, est encore en activité, qu'on récupère vite ses coordonnées !

Pour les entraîneurs, les techniciens, les kinés...

Derrière ces résultats, il y a surtout beaucoup de travail. Des athlètes d'abord. Vincent Jay a même dû se freiner et réduire les séances. Naturellement doué pour le saut, Jason a su se construire en fond. Mais il y a surtout derrière nos deux champions olympiques, toute une équipe. Plus que ça même : toute une famille. Celle du ski nordique, unie pour ce rendez-vous et qui a su mettre en commun tous ses moyens. Celle de ces gars qui passent tant de jours loin de chez eux dans des conditions parfois extrêmes. Celle de ces techniciens, toujours les premiers levés et souvent les derniers couchés, enfermés dans leur cabane de fartage à essayer de trouver les meilleurs skis et la meilleure glisse pour les coureurs. Celle enfin des kinés qui après avoir souvent donné un coup de main sur la piste, effacent jusqu'à très tard le soir, les traces de fatigue des champions pour qu'ils repartent quasi neufs le lendemain. Quand un athlète déclare à l'arrivée : « cette victoire est celle de toute une équipe », on a parfois tendance à prendre cela comme une simple formule de politesse. A tort.

Au tour du ski de fond ?

Car derrière l'or de Vincent Jay, on pense à Christian Dumont, le directeur sportif du « biat », à Stéphane Bouthiaux, le chef d'équipe, à Siegfried Mazet, l'entraîneur du tir. On pense fort aussi à Pascal Etienne, l'ancien entraîneur de l'équipe féminine qui se bat depuis des mois contre la maladie. Il y a aussi le Commandant Christian Persicot, responsable de l'équipe de France militaire au sein d'une Armée de Terre qui fait tant pour le ski français (Jay est caporal à l'Ecole Militaire de Haute Montagne basée à Chamonix). Les succès de Jason récompensent eux aussi tout l'investissement de l'encadrement. Il y a le patron de la discipline Nicolas Michaud, aux côtés de Jez depuis ses débuts, l'entraîneur Etienne Gouy, les techniciens Fabrice Guy bien sûr, le champion olympique 1992 et Adrien Mantez, Julien Eybert Guillon, l'entraîneur du saut qui, sur la plate-forme, agite son petit drapeau bleu blanc rouge pour donner le signal de départ à Jez assis sur sa rampe de lancement.

Dimanche, le biathlon et le combiné nous ont régalés. Ce lundi, ce sera au tour du ski de fond avec un 15km libre où l'on attend beaucoup de Vincent Vittoz et Jean-Marc Gaillard. Deux membres de la même famille du nordique. Avec les mêmes valeurs, et pourquoi pas les mêmes résultats. Pour que le film du lundi soir nous offre lui aussi une happy end.

L'EXPERT

Pascal Grégoire-Boutreau

Pascal Grégoire-Boutreau est grand reporter à L'Equipe depuis 1998. Triathlète et pratiquant de trails, raids, etc, il a couvert depuis dix ans de très nombreux sports.
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