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PETECA

UN COIN DE BRÉSIL DANS LES MAINS

Une partie de peteca. (Photo J.P. Crumière)
La peteca est une discipline inventée par les tribus indiennes du Brésil. En France, les adeptes existent et essayent par tous les moyens de la faire connaître. Un développement dans les écoles et quelques résultats en compétition internationale sont leurs meilleurs arguments.

La France qui bat le Brésil : d'entrée, on pense au 12 juillet 1998, les deux têtes de Zidane et l'échappée finale d'Emmanuel Petit. Personne n'a oublié ce jour où les Bleus sont devenus champions du monde de football. Plus récemment, et plus discrètement aussi, le sport français a eu l'occasion de déboussoler à nouveau les Brésiliens. A Curitiba, Benoît Pertuc, jeune étudiant de 18 ans en Prépa HEC, a remporté un des tournois de peteca les plus relevés du pays. Stupeur chez les Brésiliens, qui ont ainsi été humiliés chez eux dans une discipline qu'ils dominent et surtout qu'ils ont créée. « Cela a été très impressionnant, a reconnu le jeune vainqueur. Depuis que je pratiquais, je souhaitais faire un résultat. Mais je ne m'attendais pas à me voir à ce niveau.»

La peteca est un pur produit culturel brésilien. Ce sont des tribus indiennes qui ont commencé à y jouer, bien avant l'implantation portugaise dans le pays. Le mot peteca désigne en fait le volant qui est utilisé dans le jeu et que les participants doivent renvoyer à main nue au-dessus d'un filet. Les premières petecas ont été construites à base de feuilles de caoutchouc remplies de paille de riz pilée et de sciure de bois avec des plumes plantées dedans.

L'histoire a retenu que la délégation brésilienne présente aux Jeux Olympiques de 1920 à Anvers s'est amusée à jouer à la peteca en guise d'échauffement aux compétitions. Mais ce n'est qu'en 1973 que les règles ont été codifiées et en 1987 que le premier Championnat brésilien a été mis en place. En France, la peteca est apparue au début des années 1990. « C'est moi qui l'ai fait venir ici, déclare tout content Jean-François Impinna, chef d'entreprise de 41 ans, actuel président de la Fédération française et encore joueur. De passage au Brésil, j'ai pu mesurer la popularité de ce sport. Quand je suis revenu en France, j'avais ramené de quoi jouer. J'ai organisé des démonstrations dans des centres de vacances et fait venir quelques spécialistes.»

Benoît Pertuc a d'ailleurs découvert la peteca en vacances : « Cela m'a plu. Mais je ne savais pas si j'allais pouvoir en faire chez moi. Et puis le hasard a voulu que le président de la Fédé habite la même ville que moi. Un club a donc vu le jour là-bas. Ce que j'aime à la peteca, c'est son aspect physique complet. Il faut utiliser les mains, les jambes, la tête. Et puis j'ai fait beaucoup de sport avant et j'aime changer de discipline et relever des défis.»

La Fédération existe depuis 1997. Aujourd'hui, après un recensement effectué par un adepte de la discipline, le chiffre de 30 000 pratiquants sur notre territoire est avancé. Les deux tiers sont des jeunes qui jouent en école primaire et au collège. Il existe actuellement une dizaine de clubs en France. Mais Jean-François Impinna reconnaît que le développement n'est pas facile. « La plupart du temps, la peteca en France se joue en gymnase, déclare-t-il. Mais, au niveau des calendriers, c'est surbooké. Quand on le peut, on essaye de jouer en plein air, sur la plage ou dans des parcs. Mais la météo ne le permet pas toujours.»

Pour se faire connaître, la peteca se montre partout où elle peut et profite surtout de la période estivale. « Nous travaillons avec le Conseil général des Hauts-de-Seine pour utiliser les parcs départementaux, explique Impinna. Nous avons aussi été invités sur l'émissionL'été de tous les records sur France 3 et avons participé à la manifestation Paris-Plage au Stade de France.» Cela fait-il connaître un peu mieux la discipline ? « Il y a de plus en plus de personnes qui entendent parler de nous, poursuit le dirigeant français. Cela apparaît comme une curiosité et les gens viennent se renseigner.»

Mais, une fois la simple découverte passée, les joueurs de peteca s'attellent à la compétition. Pour preuve, les déplacements effectués au Brésil pour défier les maîtres chez eux et la victoire de Benoît Pertuc à Curitiba. Mais qui finance une telle expédition ? Les joueurs doivent mettre un peu de leur poche. Sinon il y a les sponsors. « Nous avons un équipementier et des entreprises privées dont la mienne, rigole Jean-François Impinna ! Quand nous allons au Brésil, nous demandons à ce que l'hébergement soit assuré par le club qui nous accueille. Nous, nous prenons en charge l'avion et les repas. Notre budget se situe autour de 6 000 euros. Cela nous permet d'emmener six à huit personnes, soit trois-quatre équipes. C'est bien.»

Quand on arrive à concrétiser de tels projets, on est forcément enthousiaste pour l'avenir. « J'espère jouer le plus longtemps possible, raconte Benoît Pertuc. Quand j'intégrerai une école, j'essaierai de monter un club. Je ferai ensuite en sorte que la peteca devienne un sport national puis olympique.» Le jeune Benoît est ambitieux. « Il faut l'être», répond-t-il quand on lui en fait la remarque.

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Jean-Claude Mbvoumin, ex-joueur de Beauvais et... DR
 
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