Est-ce l'effet papillon qui orne l'omoplate de Laure Manaudou ? Quand la Française réussit, elle draine aussi ses coéquipières. Et les battements de la star de la natation tricolore entraînent de proche en proche une joie collective. Tout sourire, Laure Manaudou fête donc sa quatrième médaille lors de ces Championnats du monde, la cinquième du clan français qui enregistre un nouveau record lors de Mondiaux. Avec sa breloque en bronze autour du cou pour le 4x200 m, la championne olympique semble aussi rayonnante que la veille avec son or du 200 m. «C'est vraiment sympa. Cette médaille compte pour moi, c'est ma première médaille en relais et c'est surtout un travail d'équipe. On ne se voit jamais dans l'année et on arrive à faire une troisième place. C'est vraiment quelque chose d'exceptionnel pour toute l'équipe», se félicite la double championne du monde du 200 et 400 m à Melbourne en remerciant Céline Couderc, remplaçante lors de la finale après avoir participé à la qualification de l'équipe.
Derrière les intouchables Américaines (Coughlin, Vollmer, Nymeyer et Hoff) qui signent le record du monde en 7'50''09, et les Allemandes (Freitag, Steffen, Dallmann et Lurz), les Françaises ont été lancées par la fusée Alena Popchanka et ses quatres longueurs en 1'57''86. Sophie Huber a parfaitement tenu le choc pour donner le relais en deuxième position à Aurore Mongel. Finaliste malheureuse juste avant du 200 m papillon (8e place), la Mulhousienne a tout donné mais les derniers mètres ont pesé. Laure Manaudou plonge alors en quatrième et rejoint rapidement l'Allemande et l'Australienne après un premier 100 m en 55''63. Mais la suite se corse. «J'ai perdu une place, j'ai eu un peu de mal au dernier 100 m et je ne savais pas si j'allais tenir le 200 m, déplore la championne. C'est moi qui ai un peu gâché la deuxième place, mais c'est un esprit d'équipe. C'est grâce à tout le monde qu'on a fait cela.» Quand Laure Manaudou gâche quelque chose, l'équipe de France bat son record de France en 7'55''96 et remporte une médaille de bronze. C'est vraiment du beau gâchis ! Les Bleues en redemandent. Comme Malia Metella.
Entre la Malia Metella des séries et ses 55''57 et celle de la demi-finale et ses 54''61, il y a près d'une seconde, bien sûr, mais surtout quelques interrogations qui s'évanouissent. Ce matin, le discours laissait voir une profonde inquiétude : «Je suis très loin de la forme de Montréal, j'espère qu'à la fin de l'année cela va passer parce que cela va devenir dur mentalement». Ce soir, les paroles laissent espérer le retour de la championne : «Il fallait que je passe la barre des 55'', je l'ai fait ce soir. C'est une grande joie. Maintenant le plus important sera de battre mon record de France, ça va être mon objectif car le podium, je ne pense pas pouvoir y accéder cette année. Mais on ne sait jamais, tout peut arriver.» Entre-temps, une course avec un départ à l'aveugle sur la ligne d'eau n°1, une première longueur en 26''26 et un finish à l'énergie.
En championne, la Guyanaise enterre donc une partie de ses doutes pour retrouver son beau sourire. La vice-championne olympique (50 m) et mondiale (100 m) n'a pas l'un des plus beaux palmarès de la natation française pour rien. Elle connaît le métier et si elle rend une seconde à Britta Steffen, Natalie Coughlin ou Lisbeth Lenton, elle peut toujours espérer chaparder une bonne place dans l'épreuve phare. Après avoir retrouvé le sourire et ses chronos, pourquoi pas une petite place au soleil ?

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