
Seulement huitième des séries du 400 m nage libre, la championne olympique Laure Manaudou s'est reprise avec un brio exceptionnel pour remporter son premier titre de championne du monde, dimanche à Montréal.
La triple médaillée d'Athènes (or sur 400 NL, argent sur 800 NL et bronze sur 100 dos) a fait une course pleine de maîtrise (4'06"44). Partie comme une fusée, elle est restée pendant 200 m dans les temps du record monde de l'Américaine Janet Evans (4'03"85).
Mais la douleur aux jambes a été trop forte. Et elle a fléchi dans les derniers 50 m, sans toutefois laisser la Japonaise Shibata Ai (4'06"74) et la Britannique Caitlin Mc Clatchey revenir (4'07"25).
La détentrice du record d'Europe, qui a amélioré sa performance mondiale de l'année réussie aux Championnats de France en avril (4'06"89), pouvait ainsi oublier ses séries du matin. Huitième, elle était passée près de l'élimination (4'11"46). Elle avait craqué dans la deuxième partie de la course.
«La plus nulle»
«La ligne 8, c'est un peu dur. Mais je savais que plusieurs nageuses avaient été championnes du monde à cette ligne. Je me suis dit pourquoi pas moi. Quand je me suis vue partir et que j'ai vu les autres derrière, j'ai pensé que je pouvais le faire», a-t-elle expliqué.
Son entraîneur Philippe Lucas n'avait, c'est sûr, pas apprécié sa prestation matinale. «Il m'a beaucoup motivée. Il m'a dit que je n'avais plus rien à perdre, que j'étais la dernière de la série, que j'étais la plus nulle», a avoué Manaudou qui a voulu prouver qu'elle était «la meilleure».
D'autres titres ont été décernés lors de cette soirée inaugurale de natation. Le 400 m messieurs, après l'élimination inattendue de l'Américain Michael Phelps en série, est revenu à l'Australien Grant Hackett (3'42"91), vice-champion olympique.
Podium pour Duboscq ?
Hackett, qui a battu le Russe Yuri Prilukov (21 ans) et le Tunisien Oussama Mellouli, a parfaitement profité de l'absence de son leader Ian Thorpe qui a pris une année sabbatique après son sacre athénien.
Les relais du 4x100 m nage libre sont revenus aux Etats-Unis avec un Michael Phelps requinqué chez les hommes et aux Australiennes chez les dames. A noter parmi les performances du jour le record du monde du Sud-Africain Roland Schoeman (23"01) sur 50 m papillon.
Pour les autres Français, la journée a été finalement mi-figue, mi-raisin. Nicolas Rostoucher, sur le 400 m nage libre, a amélioré son record de France (3'49"00) en série avant de se montrer fatigué en finale. Frédérick Bousquet qui n'avait pas beaucoup d'ambitions sur le 50 papillon a, lui, échoué logiquement en demi-finale.
Autre record de France, celui du relais féminin emmenée par une Malia Metella, remise de son élimination en série du 100 papillon. Mais les 3'39"45 n'ont pas permis de monter sur le podium (5e).
Un troisième record hexagonal est tombé avec Hugues Duboscq sur 100 m brasse (1'00"05). En demi-finale, il a fait un tout petit peu mois bien (1'00"11) derrière les favoris l'Américain Brendam Hansen et le Japonais Kosuke Kitajima qui ont signé les deuxième, troisième et quatrième chronos de tous les temps en série et en demi-finale. Mais la médaille, lundi, reste l'objectif du Normand.

