
Hervé Laurent, 3e du Vendée Globe en 1997 et absent de la dernière édition, s'alignera pour la 2e fois au départ de ce tour du monde en solitaire qui s'élancera le 7 novembre.
«Sur le papier il y a certes plein de bateaux (20 au total) qui vont très vite, qu'ils soient neufs ou qu'ils aient deux à trois ans. Mais la course montrera qui a l'expérience», a expliqué ce Lorientais de 47 ans, qui affiche plus de 200 000 milles au compteur - l'équivalent de dix tours du monde sous l'étrave - et misera sur sa science de la météo aiguisée en 25 ans de navigation au large.
Pour affronter «un truc aussi extrême» avec un bateau âgé de 10 ans (UUDS, ex-Géodis avec lequel Christophe Auguin avait gagné le Globe 1996-97), le skipper pourra se reposer sur sa science hors-pair des calculs météo. Son talent dans ce domaine avait été reconnu le jour où - anecdote célèbre - il avait redessiné de tête les cartes météo oubliées à terre, avant de gagner la transat en équipage Québec-Saint-Malo en 1992.
Rien ne le prédestinait pourtant à devenir un routeur expert en lecture de cartes. «Je suis né à Lorient, je suis devenu marin, a-t-il au printemps. Je serais né au Mans je serais peut-être devenu pilote automobile. D'ailleurs, j'en ai fait un peu en amateur».
Sa première voile, il l'a d'ailleurs hissée à 12 ans à la suite d'une erreur d'inscription des animateurs d'un camp de vacances. «J'étais venu avec mon kimono sous le bras pour une journée judo, je me suis retrouvé en voile, j'y suis resté», s'est-il souvenu.
«Bouts de ficelle»
Et 35 ans plus tard, le destin l'amène à se frotter, une nouvelle fois, à «la course la plus dangereuse qui existe». «Le Vendée Globe, c'est trois mois en mer tout seul, une des seules aventures humaines qui reste», a-t-il expliqué.
Alors que la 3e place de cette course aurait dû lui assurer son avenir, une panne de sponsor l'a privé du Vendée Globe suivant, en 2000-2001. L'arrivée d'un nouveau parraineur et une victoire de la Lorient/Saint-Barth en 2002 ont ensuite permis à ce skipper aux 32 transatlantiques de rebondir. Puis The Transat (la transat anglaise courue entre Plymouth et Boston), où il est arrivé 7e en juin, l'a aidé à trouver «l'osmose» avec un bateau dont il avait pris la barre fin avril seulement.
Trois millions d'euros avaient été investis dans le rachat de ce navire construit à Cherbourg. Si Hervé Laurent a pu bénéficier de 200 000 euros pour en faire un monocoque susceptible de s'aligner au départ du Vendée Globe, il n'a pas obtenu les 300 000 euros de rallonge qu'il souhaitait au printemps pour l'optimiser. «On a fait avec des bouts de ficelle», a confié Hervé Laurent. Mais cela ne devrait pas effrayer ce marin qui était monté sur le podium de cette course mythique il y a 7 ans avec le monocoque «le plus vieux de la flotte».
(Avec AFP)

