«Christophe Lemaitre, cela fait quelques heures maintenant que vous avez vaincu la barre des dix secondes. Avez-vous réalisé ?
(Souriant, décontracté) Oui. Je réalise, oui. J'ai fait un bon chrono, j'ai battu le record de France. Mais il n'y pas grand-chose de plus à dire. J'ai fait ce que j'avais à faire. C'est tout.
Racontez-nous votre course.
Je ne pensais qu'au titre avant de m'élancer. J'ai pris un assez bon départ. Après quarante mètres, j'étais devant. Mais j'ai continué à forcer au maximum pour conserver mon avance.
Vous n'avez pas explosé de joie à l'arrivée. Pourquoi ?
Parce qu'il y avait beaucoup de vent. J'ai préféré vérifier d'abord. Et après... C'était trop tard ! (Rires) La joie était passée. Mais je l'ai vécu intérieurement. Et puis l'essentiel, c'était le titre.
Avez-vous échangé avec Martial Mbandjock et Ronald Pognon ?
Ils m'ont félicité tous les deux. Martial m'a souhaité bonne chance pour le 200m. Ronald m'a chambré parce que dans la chambre d'appel j'avais des «gardes du corps» avec moi. On s'entend bien tous. C'est important pour le relais.
Etiez-vous agacé par l'attente suscitée autour de ces dix secondes à battre ?
Non. En tant que compétiteur, il est normal de vouloir descendre son temps. Sinon ce n'était pas un objectif à faire forcément cette année. Le principal objectif, c'était d'être champion. Mais ça m'agaçait que les journalistes m'en parlent sans arrêt (Rires). Non, ce n'était pas pesant. Tout le monde le voulait. J'ai vécu avec ça.
Vous entrez dans l'histoire du sprint.
Dans l'histoire du sprint français, oui. Disons que j'entre dans la cour des grands. Mais je ne suis pas encore pleinement dedans.
Vous êtes le premier sprinter blanc à courir en moins de dix secondes. Vous n'aimez pas cette remarque.
J'en suis conscient, je vais l'entendre partout et il va falloir que je me fasse à cette idée. Mais c'est contre ma volonté. C'est une question superflue.
Et maintenant quelle est la suite de votre programme ?
On est plein coeur d'une Olympiade. Le but, ce sont les JO de Londres. Les France, les Europe, les meetings, ça sert uniquement à préparer cet événement.
Justement qu'espérez-vous décrocher aux Europe de Barcelone (27 juillet - 1er août) ?
On verra. Je serai là -bas comme j'étais ici. Dans ma bulle. J'ai travaillé pour être champion de France. Je vais travailler pour le championnat d'Europe. Bien sûr j'aimerai la médaille d'or. Si je monte sur le podium, ça sera une grande performance.
Avec votre profil, on ne peut pas s'empêcher de vous parler d'Usain Bolt.
Mais c'est trop tôt. On ne peut pas évoquer ça tout de suite.
Propos recueillis par Olivier PAQUEREAU, Ã Valence

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