L'anecdote vaut le détour. C'est en sortant d'une discothèque que David Ramard s'est découvert des qualités pour la course à pied. «
J'étais avec un ami, qui était en équipe de France juniors de cross-country, et nous sommes sortis d'une boîte de nuit très tard, explique-t-il.
Le lendemain matin, il devait aller s'entraîner. Il m'a proposé de l'accompagner. Au bout d'une heure de footing, il n'a jamais réussi à me lâcher. A partir de là, les entraînements se sont accumulés.» Quinze jours plus tard, il gagnait une course de 5 kilomètres. Le Tourangeau a donc commencé sur le tard, à 17 ans. Ensuite, le cheminement est classique. Son premier entraîneur, Laurent Herault, a vite repéré son potentiel et ses aptitudes sur les distances longues. Il court son premier semi-marathon en 2000 et le boucle en 1h05'40. «
Après, j'ai attendu cinq ans avant de faire mon premier marathon, affirme t-il.
Je ne voulais pas commencer trop jeune. Sinon, on s'use très vite.» Et le premier essai est concluant. En 2005, Ramard, qui travaille à mi-temps à La Poste de Tours au service courrier, s'aligne à Paris et réalise un excellent temps (2h13'40). Trois mois plus tard, il dispute aux Mondiaux d'Helsinki son premier grand Championnat mais il est contraint à l'abandon. Cette année, il a une nouvelle fois participé à l'épreuve parisienne et pulvérisé son record personnel en gagnant trois minutes (2h10'52). «
Quand j'ai fait mon premier marathon, je valais largement plus que 2h13', souligne-t-il.
Et puis, dans les grands marathons, le rythme dépend des lièvres. S'ils impriment une faible allure, à l'arrivée le temps n'est pas bon.» A Göteborg, Ramard, qui s'entraîne désormais avec Jean-Pierre Monciaux, a une belle carte à jouer. Comme Yohan Diniz, sacré mercredi sur le 50 km marche, il possède le 6e temps des engagés. «
J'espère que cela me portera chance, sourit-il.
Le plus important sera de s'accrocher au groupe de tête. Après, tout est possible et pourquoi pas un poduim. S'il ne pleut pas, je pense que la course de dimanche se jouera aux alentours de 2h11.»
Le Français a effectué une préparation spécifique pour être performant dans un grand Championnat en travaillant notamment les changements de rythme : «
Dans les grands Championnats, la physionomie de la course est très différente des marathons de Paris ou Londres, souligne-t-il.
Il n'y a pas de lièvre donc l'allure est beaucoup plus lente et les changements de rythme sont fréquents car beaucoup de coureurs attaquent et tentent des coup de bluff. J'ai donc travaillé beaucoup en faisant des fractionnés à l'entraînement.» Comme tous les marathoniens, il a hésité cette saison entre s'aligner aux Championnats d'Europe et tenter de faire un bon chrono dans un grand marathon à l'automne. «
J'ai tiré un trait sur un bon chrono au mois d'octobre, admet-il.
C'est vrai que venir ici, cela ne me rapporte rien dans l'immédiat. Les grands marathons sont beaucoup plus rémunérateurs. Mais il faut savoir que si je fais une belle perf', je pourrai négocier des bonnes primes d'engagements dans les grandes courses l'an prochain.» En outre, il souhaite se forger un expérience dans une grand compétition internationale dans l'optique des JO de Pekin en 2008 : «
L'année prochaine sera plutôt une année où je tenterai un chrono. Je pense que je peux gagner encore trois minutes. Je ne pense pas que j'irai aux Championnats du monde à Osaka. En 2008 en revanche, mon objectif sera les JO de Pékin.»

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